Sexe Primé, Stella Tanagra. Du sexe en mots & maux

Aujourd’hui je me re attaque à SEXE PRIME de Stella Tanagra, paru aux éditions Tabou en 2017. De Stella Tanagra j’avais déjà lu «Sexe cité», qui m’avait bousculée, qui était venu toucher des zones pas toujours confortables et évoquer des fantasmes parfois dérangeants. Quand j’ai croisé Stella Tanagra au salon de la littérature érotique, organisé par Flore Cherry en novembre 2016, elle m’a annoncé qu’elle travaillait sur un livre érotique, encore plus dérangeant. Alors qu’en est-il ? Suis je ressortie totalement traumatisée de cette lecture ?

Vous trouverez le premier podcast érotique de SEXE PRIME fait en 2017 un peu plus bas. En gros cette semaine ce n’est pas une mais deux lectures érotiques de STELLA TANAGRA que je vous offre ! Alors elle est pas belle la vie ?

Sexe primé de Stella Tanagra : Du sexe en mots & maux

Tout comme « Sexe cité », « Sexe primé » est un recueil de 10 nouvelles, accompagnées de deux poèmes, un pour le préambule, l’autre en conclusion. « Sexe cité » parlait surtout du désir féminin, des fantasmes pas toujours avoués de possession, de fusion. Pour ce livre, Stella annonce en préambule qu’elle va plonger un peu plus du côté masculin des fantasmes.

« Ce second tome fait suite à Sexe Cité, ôde aux désirs féminins inavouables et aux tabous levés. Il est dès lors question de s’enfoncer plus profondément là où ça fait mâle. Les désirs s’expriment mais à quel prix le sexe prime ? »

Stella Tanagra

Voilà le ton est donné ! STELLA TANAGRA vient questionner les désirs, les fantasmes, le passage à l’acte ou non. A quel prix doit-on tout sacrifier au sexe, ou tout du moins aux pulsions libidineuses ? 

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Stella Tanagra navigue et nous balade, entre eros et thanatos, pulsion d’envie, de vie, et désir de mort.

Flânerie lascive où il est bon de ne pas confondre le fond et la forme. Le gentil garçon est-il bien sous tous rapports ? Le séducteur rassurant est-il bien intentionné ? Et la jeune femme distinguée et mystérieuse, quels sont les désirs qui la meuvent ?

Stella Tanagra, dans ce second volume érotique, aime toujours autant jouer avec les mots et jouer avec le lecteur. Je te fais croire ça, je t’embarque, et je prends un malin plaisir à te retourner comme une crêpe à la fin. Stella Tanagra serait-elle joueuse ? Je n’en doute pas un instant.

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La lecture de SEXE PRIME 2017

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Mon avis sur Sexe Primé de Stella Tanagra

Je dois vous avouer, « Sexe Primé » m’a beaucoup moins bousculée que le précédent livre de Stella Tanagra. Est-ce parce que je suis une serial killeuse en puissance ? Ou peut-être tout simplement parce que, au gré de mes lectures érotiques, j’ai pris l’habitude de voir se côtoyer les deux frères Eros et Thanatos … Mais, dérangée ou pas, toujours est-il que Stella Tanagra a l’art, je trouve, de trouver de bonnes idées, de bons ressorts dramaturgiques.

J’ai notamment beaucoup aimé la nouvelle Puppy Love, petite bulle d’amour et de fraîcheur. J’ai aussi été séduite par sa manière de traiter l’ambivalence désir / haine dans la nouvelle Ecran total. Sa manière de décrypter l’art de la séduction, dans Scène de crime, est aussi super juste je trouve. Lucide, froide, et tellement juste.

Mais pour moi, grande amoureuse des écritures incisives, j’ai parfois été un peu perdue dans une recherche de style et de syntaxe assez complexe. Cette complexité m’a enlevé une part de sentiments, je me suis heurtée par moments à la forme, au détriment du fond. Alors attention, ceci est un avis très personnel. Parfois, au lieu d’être embarquée dans l’histoire, je suis restée à distance, j’ai apprécié les idées, le fond évoqué, mais la forme, l’écriture, ont imposé une distance, me laissant spectatrice réservée plutôt que témoin empathique.

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Stella Tanagra, bien plus que du cul

Stella Tanagra continue sur sa lignée. A travers ses histoires, elle continue à interroger les désirs, les pulsions, sondant l’âme humaine et ses déviances. Bien plus que de simples histoires de fesses, ses nouvelles questionnent l’humain à travers sa sexualité. Comment vit et existe l’humain en chacun de nous, écartelé entre ses désirs, sa morale, sa volonté de toute puissance et celle de soumission absolue. Quand je vous disais que Stella Tanagra jongle entre Eros et Thanatos …

Merci encore à Stella Tanagra pour sa confiance, et j’espère que ma lecture saura rendre l’univers complexe et perspicace de l’autrice ! Des bisouxx à tou.te.s et à la semaine prochaine !

TABOU EDITIONS … faites votre taf !

Je suis une grosse psychopathe de la ponctuation, et j’ai souffert, oui, oui. Pourquoi je vous parle de ponctuation ? Parce que la ponctuation, c’est le squelette respiratoire d’un texte. C’est elle qui indique les respirations, donne le rythme du souffle. Alors c’est une déformation de comédienne, je suis lucide.

Normalement ce travail de relecture et de travail sur la ponctuation doit être fait, par l’auteur, bien sur, mais surtout PAR LA MAISON D’EDITION ! Et oui ! Le travail d’un éditeur n’est pas jsute de publier des mots sur du papier mais bel et bien d’améliorer, encore, l’histoire de l’auteur.

Alors ici c’est TABOU EDITIONS qui se prend mon coup de gueule mais rassurez vous j’ai vu la même chose chez ACTE SUD et même Gallimard

Il parait que c’est pour cause de restriction budgétaire que les éditeurs ne font plus leur travail…

Du coup si “vous vous lisez un livre”, si vous le mettez en son dans votre tête, l’absence ou la mal ponctuation oblige à sortir du récit pour ce concentrer. Obligeant à lire et relire pour trouver le rythme de certaines phrases. Ca n’aide pas vraiment à l’empathie. Pire ça demande un effort particulier de lectrice qui éloigne un peu du sentiment de départ insufflé par l’auteur. Et c’est fort dommage je trouve, car un truc tout bête comme retravailler la ponctuation, ça permet de mettre en valeur le travail et surtout l’imaginaire d’un auteur.

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Donc mesdames et messieurs les autrices et auteurs, si vous travaillez avec TABOU éditions … Soignez votre ponctuation !

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