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Il paraît que travailler dans l’industrie du X c’est un suicide social et que la reconversion des métiers du sexe est très compliquée, voire impossible. Oui c’est souvent vrai mais on peut aussi faire de notre passif, de notre activité dans le divertissement pour adultes une force. On peut même utiliser le fait de faire du porno, d’être camgirl, comme outil et en faire un outil de pression pour faciliter sa reconversion dans le monde du travail « vertical ».

C’est ce que, sans le vouloir, je suis en train de faire en entamant ma reconversion hors du monde de la pornographie, et c’est l’histoire que je vais vous raconter. J’entame une reconversion car soyons honnêtes, gagner sa vie comme actrice a une date de péremption : celle du corps jeune et pimpant, et puis, et ça c’est le plus important, au bout de 10 ans je commence à en avoir fait le tour.

Alors pour les prochaines années, que faire ? Je n’ai aucune envie de retourner dans le monde du théâtre et du cinéma, t’es pute sans le savoir et tu es entourée de barracudas grimés en poissons rouge, donc no way.

Les podcasts, qui plus est de lectures érotiques, n’ont jamais nourri qui que ce soit. Et quant à continuer dans le porno, en plus de la charge physique, ça devient vraiment de plus en plus compliqué d’en vivre à cause des lois morales que nos peignes culs d’élus et de bien pensants nous collent.

J’ai donc pris le temps de la réflexion et j’ai opté encore une fois pour une de mes passions, LA CUISINE ! On passe du CUL au CULinaire et j’avoue que j’adore cette idée. Oui mais voilà, il paraît qu’il ne faut pas que je dise mon métier actuel.

Il paraît que ça va me porter préjudice. Je l’ai longtemps cru, j’en ai eu très longtemps peur. Comment faire pour sortir de cette fatalité Travail Du Sexe (TDS) = Précarité, exclusion et mise au ban ? Comme d’hab, ma peur (bien réelle) du regard des autres et de la pression sociale commençait à rendre la chose très compliquée. Mon corps, lui, a fait comme d’habitude, il n’en a rien eu à foutre et a foncé dans le tas en exposant tout, sans revendiquer quoi que ce soit, juste en assumant ce que j’étais et ce que j’avais choisi de faire.

Je vous partage simplement mon témoignage d’une reconversion des métiers du sexe qui a marché sans avoir à se cacher. Ca me semble important pour donner un peu d’espoir à celles et ceux qui pensent que ce n’est pas possible. ATTENTION CE N’EST QUE MON TEMOIGNAGE ! Un cas dans la multitude, un cas spécifique qui ne peut pas servir d’exemple et n’exclut pas les difficultés des autres cas individuels. Mais ce cas existe et donc s’il y en a un, il peut en exister des milliers !

Travail du sexe et suicide social, ce n’est pas une fatalité

Alors peut-être ai-je eu de la chance, mais depuis 10 ans ça fait quand même beaucoup de chance. Peut-être, et même certainement, que le fait de ne pas avoir d’enfants aide beaucoup. Ou peut-être que le travail personnel que je fais à côté pour accepter à 100% ma vie et mon métier de TDS y est pour quelque chose aussi.

En tout cas, quelles qu’en soient les raisons, j’aimerais dire que même si la reconversion d’un métier autour du sexe et du porno n’est pas facile, elle est néanmoins possible. J’aimerais vous dire que le suicide social qu’on associe à une activité sexuelle non normée (et en plus rémunérée) n’est pas une fatalité. Bien sûr ça demande des efforts, de la détermination et des concessions, mais, au final, pas plus que pour mon copain Selim qui est mat de peau et qui vient de Frais Vallon.

Comme je n’ai jamais vraiment ressenti le phénomène qu’on nomme « suicide social » j’ai donc cherché sur internet. Et j’ai découvert que c’était ce que les vieilles/vieux comme moi appelaient « se griller ». En gros, commettre un acte qui fait que tous les regards se tournent vers vous et vous jugent, négativement bien sûr.

Le truc du suicide social, c’est que ça doit être fait devant des gens qui ont de l’importance pour nous ou une masse de gens qu’on nomme « société ». La masse la plus conséquente étant bien sûr celle des réseaux (a)sociaux.

Dans le cadre des métiers du sexe; escorting, prostitution, camgirl, actrice porno & co; le suicide social est inclus dans le packaging des TDS. Les « braves gens » n’aimant pas qu’on leur parle de sexe, encore moins qu’on affiche une sexualité débridée et encore encore moins qu’on se fasse payer pour baiser / être baisé.e.

Si vous voulez un exemple vous n’avez qu’à suivre le compte Twitter de Nikita Bellucci (et peut importe de ce qu’on pense d’elle) ou d’autres TDS, mais elle c’est vraiment presque caricatural.

Je me souviens encore de ce 25 Décembre ou la superbe catin mettait simplement un « BON NOEL A TOUTE ET TOUS » avec une photo d’un père noel sur son traineau, du très hard quoi. Si vous aviez lu les réponses en dessous de ce tweet je crois que vous auriez encore honte d’appartenir à la race sapien sapiens numericus cretinus.

Vous vous imaginez donc qu’une reconversion des métiers du sexe dans une telle ambiance ça peut être source de stress ou d’un sentiment d’impossibilité.

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. . . ‘article complet et les 4 conseils pour réussir sa reconversion des métiers du sexe dans l’article complet (et gratuit)

Donc 9 fois sur 10, quand on me demande « c’est quoi ton métier » et que je réponds « actrice porno et camgirl », ben la conversation s’arrête à un superbe « ah… ok, et sinon tu pars où en vacances ? ».

Faire l’effort d’assumer sa non normalité et son non conformisme à la foule.

Pour moi, c’est sur notre peur d’être rejeté par le plus grand nombre, nos ami.e.s ou notre famille que s’appuie ce qu’on appelle le suicide social mais si on prend les devants, si on accepte de perdre au final des gens qui ne nous aiment pas inconditionnellement, alors le suicide social, la pression sociale n’ont quasiment plus de prise.

Le déclic final pour moi a eu lieu 5 ans après mes débuts en tant que TDS virtuelle (camgirl). A cette époque je m’occupais d’un atelier Lecture / Ecriture et Audiovisuel avec des ado (filles & garçons) des quartiers pauvres de Marseille. Bien sûr à côté je faisais des vidéos sur PornHub et j’avais mon activité de camgirl. Et bien sûr, arriva ce qui devait arriver, un gamin m’a reconnu sur PornHub et l’a dit à ses copains pour au final que toutes les associations le découvrent.

Je décris ce moment dans cet article de 2017 sur les préjugés autour du porno. Des préjugés que j’avais et que je croyais que les autres avaient.

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Ma reconversion post TDS : du cul au culinaire il n’y a que 6 lettres

Depuis 22 ans j’ai toujours été fidèle à une ligne de conduite très simple : je fais les métiers qui me plaisent, ça ne veut pas dire que c’est toujours la super éclate mais au moins j’aime ce que je fais. Comme dirait Siébert, j’aime mon métier parce que ce n’est pas un travail !

Après 15 ans de théâtre et 10 ans dans le porno, je me demandais ce que j’allais faire pour « mes vieux jours » même si c’était assez évident. De suceuse j’allais devenir goûteuse puisque ma reconversion des métiers du sexe sera dans les métiers de bouche. Ceux qui me suivent sur les réseaux savent à quel point nous sommes gourmets et gourmands et puis comme ça je continue sur ma lancée des métiers basés sur mes plaisirs.

La grosse blague c’est que le monde de la cuisine est encore, même si ça change, un monde de mecs et un univers qui reste très macho. Pour mon CAP cuisine, sur 24 candidats nous étions 2 filles. Qui dit un univers masculin dit potentiellement beaucoup plus de chances d’avoir des « clients » de PornHub ou Xvidéos où je commence à être un peu visible. D’ailleurs j’ai très souvent dans ma clientèle de show cam des cuistots.

Alors est-ce que j’allais être légitime ? Comment une débutante de 42 ans (l’âge des chefs) n’ayant jamais mis les pieds dans une cuisine pro allait être reçue ? Comment les jeunes mecs, qui sont la majorité des cuistots, allaient prendre ça ? Comment un chef de cuisine allait prendre l’arrivée d’une « pétasse » qui se prend en photo sur Instagram en petite tenue ?

Et si en plus ils savent que je fais du porno à côté, comment vont-ils réagir ? Est-ce qu’ils vont me harceler ? M’agresser ?

Comme je n’étais pas pris à la gorge j’ai décidé de continuer mon activité dans les métiers du sexe en parallèle de la cuisine jusqu’en 2025. En plus je veux me reconvertir mais pas n’importe comment. Du coup kj j’ai pu attendre et choisir le restaurant qui me convenait.

Comme dans tout emploi vous pouvez aimer le job il faut aussi que votre profil convienne. Chance, c’était le cas. On me proposait donc un poste de second de cuisine dans un établissement qui travaille comme j’aime. Une cuisine simple, bien faite, avec des produits frais, locaux, de qualité. Le soucis c’est que le chef cherchait un second pour travailler 8 services semaine – soit 4 jours par semaine de 8h30 du matin à 23h avec une pause de 3 heures entre deux services.

Mentir et me cacher, Assumer et exister ou refuser ?

J’aurais pu sauter à pied joint dedans et faire disparaître en un clin d’oeil les 10 ans de porno. Noyer sous des heures et des heures en cuisine la « mauvaise fille » que j’étais. C’était exactement tout ce que je voulais éviter du coup je n’avais que trois solutions :

. . . l’article complet et les 4 conseils pour réussir sa reconversion des métiers du sexe dans l’article complet (et gratuit)

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Travail du sexe & Suicide social, des liens pour aller + loin

  • Un article sur MAGICMAMAN – et oui – de Liza del Sierra. Elle assume parfaitement son activité dans le porno et vie simplement sa nouvelle vie de mère – Témoignage
  • La série d’Ovidie « Des gens bien ordinaires » autour du suicide social de l’après porno. C’est du Ovidie donc c’est féministe, engagée, intélligent et sans concession. On aime ou pas.
  • Le nec plus ultra du commun des mortels sur le forum JEUX VIDEOS. J’ai trouvé un topic sur « les meufs qui font du porno c’est un suicide social non ? ». Vous allez voir en lisant les réponses ce que la crasse mentale de la « majorité silencieuse » pense. C’est petit, c’est mesquin et c’est aussi la vie de tous les jours des babouins atrophiés du bulbe
  • Sans oublier l’état et le Sénat qui sous couvert de protéger vos chères têtes blondes en profite pour un peu plus stigmatiser et renforcer le porno shame
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La publication a un commentaire

  1. MSIEUR JEREMY

    Bravo Charlie ! Si tes spécialités cu-linaires ont ta singularité ça va être délicieux !

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