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Vroum ! Nous voilà embarqués dans notre chariote de l’enfer direction Belfort pour MON PREMIER TOURNAGE PORNO en tant que véritable actrice X. Même si en 9 ans j’ai fait énormément de vidéos de cul, c’est toujours resté pour moi du porno « amateur ». Mais mi janvier 2022, j’ai enfin franchi le cap en participant à mon premier tournage X avec un réal et une vraie production. Tout ça en étant payée pour ma prestation d’actrice porno.

La peur au ventre et l’excitation réchauffant ma culotte, me voilà fonçant sur les routes verglacées du Nord-Est, prête à en découdre avec la teub alsacienne et la poya espagnola ! Corrrrida !

Seconde partie du retour d’expérience après mon premier tournage porno, une aventure (s)eXtraordinaire qui sentait bon la débauche, la luxure et le stupre, mais pas queue ! Oui c’était facile.

Maintenant que je vous ai expliqué pourquoi j’avais refusé tous les tournages X qu’on m’a proposé, je vous dis pourquoi j’ai changé d’avis et pourquoi j’ai accepté de tourner mon premier porno pro avec & pour MMM100. Au fur et à mesure, je vous donnerai mes ressentis pendant le tournage des 6 scènes X. Enfin il y aura la question à 300€ : vais-je renouveler l’expérience qui me servira pour faire un « bilan & perspectives », trois semaines après la fin de ce séjour en pornoland ?

Je profite aussi de cet article pour remercier encore une fois les 4 acteurs porno présents sur mon premier tournage X et qui ont aussi permis que ça se passe aussi bien. Mille merci donc à Terry Kemaco, Kevin White, Linda del Sol et Nikao.

Cet article n’est pas une règle, juste un retour d’expérience sur mon vécu lors d’un tournage de film porno.

Mon but n’est surtout pas que vous en fassiez une généralité ou une règle, et encore moins pour dire « oui, blablabla, le porno c’est génial » ou « non, blablabla, le X c’est le mal ».

Comme les autres articles de la rubrique CULture érotique, mon but n’est pas de vous dire quoi faire ou quoi penser, mais de vous donner un autre regard à travers un retour d’expérience individuel autour du travail du sexe. J’aurais pu, comme avec Cybèle Lespérance ou Axelle de Sade, demander à une actrice X son avis. Mais le tournage dans un film porno reste une vieille envie que nous avions autant l’un que l’autre, et surtout un sujet où j’ai entendu tout et son contraire. Donc autant vérifier par moi même ! Oui, je sais j’ai le sens du sacrifice !

Cet article « making-of » ne reflète donc que MON point de vue sur une expérience de tournage porno précise, avec des acteurs et une actrice spécifiques, n’en faites pas une généralité !

Pourquoi faire mon premier tournage porno maintenant ?

Comme dit dans l’article précédent, depuis 9 ans que je suis travailleuse du sexe (en tant que camgirl), je n’ai jamais franchi le cap de tourner dans un porno pro, alors pourquoi devenir actrice X maintenant ? En plus du côté vénal bien sûr, ben oui, je suis pute virtuelle à la base, donc je baise si je suis payée.

Si je suis honnête, la première raison pour me motiver à faire un tournage X, c’est pour le sexe ! J’aime vraiment la baise intense, voire sauvage. J’aime la pluralité sexuelle, j’aime avoir des hommes et des zobs en érection devant moi et en moi, un petit côté princesse en somme.

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L’acteur porno : le mythe de la bête de sexe à ton service.

Je suis aussi très gourmande de tous les plaisirs charnels, j’ai un tempérament très « joueur » et il semble que je sois aussi une bonne « encaisseuse ». Tout ça réunis, comment vous dire qu’il me faut des partenaires de compétition ! Le côté choral, qu’il y ait trois acteurs comme dans la scène « orgie au airbnb », c’est le petit défi personnel, deux hommes j’ai fait, maintenant on passe à trois ! Au final, pour moi, dans mon imaginaire du moins, faire un tournage porno, c’était l’occasion d’avoir des bêtes de sexe à ma disposition. Tout ça dans des conditions super safe (capotes + « garde du corps ») et en étant payée pour prendre mon pied, que vouloir de plus !?

Quelle petite chienne lubrique ne rêverait pas d’avoir 2 ou 3 mecs bien membrés, capables de la.e niquer pendant des heures de manière super sauvage ?

Bon, j’ai découvert pendant ce tournage qu’en effet, les acteurs porno pro ont une endurance peu commune et surtout qu’ils sont capables de bander sur commande, dans n’importe quelles conditions, même le cul dans la neige avec -6° dehors ! Cerise sur le gâteau, si on est « spermophile », ils sont aussi capable d’éjaculer plusieurs fois par jour des volumes impressionnants. Perso je trouve ça rigolo mais c’est pas ça qui m’intéressait le plus.

Question pilonnage intensif, ne nous voilons pas la face, J’AI EU CE QUE JE VOULAIS ! J’ai eu exactement ce que j’étais venu chercher, à savoir me faire démonter par des lapins sous coke avec des grosses baguettes pour buriner le gros tambour qui me sert de fessier.

Pour celles et ceux qui se demandent si il y a une préparation particulière pour les mecs, si ils prennent des trucs ou se piquent la verge, ça n’a pas du tout été le cas pendant ce tournage porno. Je sais que ça existe, j’ai suffisamment d’échos d’acteurs et d’actrices X dans ce sens là pour en être sûre, mais ici, mis à part des trucs qui font rire, une bouteille de vin en trois jours et beaucoup de saucisson, y a rien eu d’autre !

La seule préparation est mentale, en suivant un conseil tout simple « il faut t’isoler à l’intérieur de toi », ce qui n’est pas sans conséquence sur l’aspect RELATIONNEL des relations sexuelles qui sont pratiquées…

De gauche à droite : Terry, Kevin, Linda et bibi

Que tu aimes ou pas la gueule ou la bite de l’autre, touT le monde s’en fout !

Par contre j’ai découvert pendant ce tournage de film porno qu’on pouvait vraiment séparer RELATION et SEXUALITE. Un peu comme dans le cinéma classique au final. Dans ces deux types de cinéma, personne ne nous demande si on a envie de jouer / baiser avec un ou une telle. Le taf c’est de dire sa réplique, de sucer sa bite, et puis c’est tout. Que tu aimes ou pas la gueule de l’autre, son grain de peau ou la forme, taille et texture de son sexe, tout le monde, y compris l’acteur et l’actrice, en a rien à foutre !

Une anecdote qui illustre et résume très bien les présentations et le côté relationnel d’un tournage porno : ma première scène porno avec Terry, celle dans la cave.

Avec Terry on avait juste discuté une heure au téléphone pour parler tarif et sécurité, et une heure en face à face pour valider les détails techniques, les contrats, pratiques, partenaires et faire un planning sommaire des scènes avant de tourner. Ce dimanche matin, oui dans tous les métiers du spectacle on bosse le jour du seigneur, je suis arrivée sur le lieu de tournage à 11h30 et j’ai eu juste le temps de me maquiller, me changer, oui je suis pas en jupe ras la touffe avec -8° dehors, et à 12h30 on débutait le tournage de ma première scène porno pro.

15 minutes pour mettre en place le pitch, les pratiques sexuelles, très vaguement leur ordre d’apparition et régler les lumières. Ambiance boulot boulot, 0 émotions, 0 jeu de séduction, j’avais l’impression d’être dans une italienne, une répet en costume, avec des potes d’une petite compagnie de théâtre.

12 h30 mise en place, 12h45 le pantalon de Terry s’ouvrait pour me montrer son gros kiki… que je n’avais jamais vu ! Bonjour gros kiki !

Il est 12h 45 min et 30 secondes, je suis en train de sucer avec vigueur et gourmandise la bite de l’acteur / réal / producteur que je ne connais en vrai pas du tout. Je suis encore surprise de la facilité et de la simplicité avec laquelle tout ça s’est déroulé. Ensuite, le gros kiki et son propriétaire placide vont me faire vraiment jouir et me démonter pendant quasiment 1 heure sur une table bien plus solide que ce qu’elle en avait l’air !

Voilà pour les présentations et le côté relationnel. Au final après cette première rencontre avec Terry, je connais mieux les détails de la table de compétition que ceux du visage de l’autre acteur ! Certains diront que c’est assez sommaire, voire que ça manque un peu de romantisme mais perso je trouve qu’on gagne en efficacité et puis ça évite les pudeurs de gazelle et ça te rappelle de suite que tu es pas là pour prendre ton pied mais pour faire un boulot !

Le travail d’un acteur / actrice porno, comme pour un acteur classique, c’est pas d’aimer ce qu’il fait, c’est de faire des gestes filmables qui vont donner une scène vendable ! Mais surtout ça évite de parler du plaisir à jouer ET jouir…

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Pendant les 6 scènes X on n’a jamais parlé de plaisir.

La notion de plaisir sexuel me semble très tabou dans le porno, ou alors c’est des gens très pudiques ou, mais je trouve ça assez triste, personne en a rien à foutre. Avis perso, on est plus sur de la pudeur et de la morale qu’autre chose. Niveau tabou, je crois qu’il y en a d’autres. Le fait est qu’en 9 ans, j’ai pu observer et discuter avec quelques actrices X, désolée il faut pas le dire, mais en fait ils semblent qu’elles ne prennent que rarement leur pied en baisant dans une scène.

Après avoir fait ce petit tournage porno, j’en arrive à la même conclusion pour les acteurs porno. Alors oui ils bandent, oui ils éjaculent, mais ont-ils joui pour autant ? j’en suis pas du tout sûre. D’ailleurs, et c’est assez surprenant, mais pas une seule fois en trois jours de tournage la question de « tu as pris ton pied » n’a été posée. Le porno c’est un métier et le plaisir sexuel n’est qu’anecdotique. Savoir si l’autre a aimé les 45 minutes de gym sexuelle ne semble pas important.

On te parle de « chupa la poya », de bien ouvrir ton cul, de sucer avec plus de bave, si au niveau de ton lavement c’est bon mais pas une seule fois en 6 scènes X on a parlé de nos ressentis intimes. Si je suis un bon coup ou pas, je ne le saurais jamais. Ni Kevin, ni Terry, ni Linda ou Nikao n’en ont parlé. Alors ok, ça ne veut rien dire d’être un bon coup, mais notre ego des fois, il aime quand même bien savoir si l’autre a kiffé ou pas.

Bon je suis une coquine donc j’ai des pistes, y a des moments où on « sent » l’autre, où on capte qu’il est grave en train de prendre son pied mais aucune certitude pour passer du lustrage sur notre ego.

Et puis rien dans les conversations entre nous n’engage à communiquer sur ce sujet. Un peu comme si il ne restait de la relation sexuelle que l’aspect physique technique mais que l’attirance physique, le plaisir de donner et recevoir pendant l’acte sexuel avait complétement disparu.

Je ne crois pas qu’ils soient insensibles, je crois plutôt qu’un verrou moral s’installe et qu’il y a une « tradition » du métier.

Un peu comme la bière des maçons à 10h, leur pastis à l’apéro et leur bibine en rentrant le soir, on t’apprend ça de manière tacite, épidermique sur les chantiers. C’est pareil avec le plaisir dans les films porno. J’avoue que ça m’a pas mal déstabilisée et que j’avais même un peu honte de jouir comme une folle.

« NE DIS PAS QUE TU AIMES CA »

Dans tous les boulots que j’ai fait, que ce soit comédienne de théâtre, barmaid, boulangère, animatrice pour ado « à problèmes », commis de cuisine et surtout camgirl, j’ai toujours cherché un maximum de plaisir. J’ai vraiment du mal à faire un taf que je n’aime pas et où je ne prends pas, même un peu, mon pied. Et là je me retrouve avec des bites splendides, endurantes, une fille qui lèche hyper bien et personne ne semble prendre du plaisir ?!

Au point que j’ai essayé, un peu, de cacher mes orgasmes à moi-même et à Renaud. Heureusement le Barbu est un vieux renard qui capte très vite les joueurs de flûte.

Mais vraiment c’est assez fou et assez flagrant comme le plaisir sexuel est écarté de l’équation d’un tournage porno. Je crois que CÉLINE TRAN parle de ce tabou dans son livre « NE DIS PAS QUE TU AIMES CA », je ne l’ai pas encore lu, oui je déconne, mais de ce que j’analyse, c’est comme si le fait de ne pas avoir de plaisir rendait inconsciemment plus acceptable le fait de faire ce genre de métier.

Après, concernant les vieux briscards du porno comme Terry, 20 ans de métier, je comprends que l’exaltation du début soit un peu émoussée, même si j’ai cru capter, notamment dans la scène de la cave, des moments où il prenait bien son pied et où en tout cas son oeil de réal trouvait la scène plutôt cool à filmer.

Stop – Action – Stop – Action. Acteur porno, c’est du boulot !

Pour clore ce chapitre sur le fantasme des super parties de sexe débridé entre adultes consentants avec des bites dures comme de l’acier et des culs ronds et fermes comme des pêches sur l’arbre, il faut bien comprendre que le tournage d’un porno, c’est une entreprise de divertissement, exactement comme le cinéma classique, et qui dit entreprise dit boulot et recherche de maximisation des profits.

Une boîte de production de film X va chercher, comme toutes les entreprises privées, à rentabiliser. MMM100 me paye, paye Linda et Kevin, nos trajets sont eux aussi payés ainsi que les repas. Il faut donc que la scène soit la mieux possible POUR LE CLIENT. Et oui, pas pour les participants mais bel et bien pour le client !

Ca donne des passages hallucinants et aussi un peu frustrants où tu es en train de grave prendre ton pied, où Kevin fait littéralement du trampoline dans ton cul et où tu entends « Coupé ! Ok c’est bon, bon maintenant tu te tournes, on fait la même mais dos à la caméra ». Et là, au son du « coupé » l’acteur pro s’arrête net et la petite chienne que je suis fait « mais heuuuuuu ».

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Pour vous rassurer et une fois que j’ai enlevé la morale « mon dieu ça se fait pas de kiffer », je dois dire que j’ai vraiment pris mon pied pendant les scènes. En plus j’adore être filmée ou matée donc c’était vraiment top. Les changements de posture finalement sont vite devenus un jeu et un moyen d’accentuer encore un peu mon excitation. Surtout, la plupart du temps ces « on change » sont plutôt bienvenus, c’est l’occasion de souffler un peu, parce que croyez-moi, un tournage porno C’EST SPORTIF !

Si la table de compèt est restée sur ses pieds, perso j’avais plutôt les jambes arrière cassées ! Cette table est remarquable !

Au sujet du côté stop & go, Linda me disait qu’elle aimait tourner avec Terry parce que c’était simple, rapide, fluide et efficace. La plupart du temps on ne fait qu’une seule scène dans la journée. Le réal passe son temps à couper l’action pour régler une light, changer de plan etc… J’aurais détesté avoir à vivre ça. Concernant l’efficacité et connaissant un peu le cinéma tradi, j’avoue qu’en effet, Terry est efficace et rapide. Une scène de 30 minutes est tournée en 1 heure ! Ce qui nous laisse quand même 45 minutes de baise bien sauvage à un, deux, trois. Largement de quoi de s’amuser, si on aime et qu’on s’autorise à s’amuser bien sûr.

Après, ne vous leurrez pas, faire trois scènes dans la journée c’est très rare, je l’ai fait ! Mais je vous promets que le soir tu fais bien dodo… Même si nous on a re-niqué le soir, mais comme dit notre amant Labrador « Vous êtes des bêtes ! »

En somme dans un tournage X, comme dans un film classique, il y a beaucoup de « stop and go ». C’est vite devenu un jeu pour moi mais pour les acteurs porno ça doit être juste super dur à gérer ! D’ailleurs Renaud leur voue presque de l’admiration pour « leur gestion de bandaison pénienne ».

Bilan : du côté des bêtes de sexe qui vont me pilonner et me baiser dans tous les sens, j’ai eu ce que je voulais et j’ai kiffé. Le seul bémol, un petit manque de relationnel pendant les scènes

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Motivations secondaires pour faire mon premier tournage porno pro.

L’âge ! C’est con mais j’ai 40 ans donc si je le fais pas maintenant, demain ça sera plus dur pour trouver une prod qui veuille de moi. Je sais bien, et c’est le truc magique que j’ai appris en tant que camgirl, que la panoplie de goûts est infinie et que tous les corps sont vraiment aimables et désirables mais à titre perso, je préfère me voir filmée en baisant à 40 ans qu’à 65 !

Le défi sexuel et moral. En tant que camgirl, j’ai dégrossi pas mal de tabou. J’ai déjà pas mal élagué la honte / peur d’exposer mon intimité, mon plaisir charnel à la vue de tous. Idem sur le regard (fantasmé ou pas) des autres sur une activité reprouvée par la morale, toute ma famille est au courant donc ça c’est bon. Enfin, le gros bloc, l’aspect travail sexuel = argent, ce qui est une des facettes du métier des TDS qui bloque pas mal de gens, même chez les libertins.

Mais il me restait quand même des résistances, dans le cas d’un tournage porno c’est celle de me faire baiser par des illustres inconnu.e.s sous l’oeil d’une caméra et au son d’un « ça tourne » tout en aimant ça !

Pour tous ceux qui fantasment le cinéma porno ou tradi, il faut bien savoir que dans un tournage X ou dans un film classique, rien n’est du fait ou du choix de l’acteur. Ni les costumes, ni les reprises, ni vos partenaires. Dans un film, comme sur un bateau, le seul maître à bord après dieu, c’est le réalisateur/producteur ! L’acteur/actrice, normalement, il se tait et il bosse !

Vous comprenez que du coup, entre faire une sextape avec mon mec et/ou un amant où, en vrai, je contrôle tout, et tourner une scène X en étant payée, donc soumise à obligation contractuelle, avec un.e ou des parfait.e.s inconnu.e.s, sous les ordres d’un réalisateur inconnu et tout ça à un horaire précis, un jour précis, dans des postures précises, et pourtant d’aimer ça, et bien pour moi c’était un chemin pas évident du tout.

Réflexion hautement Pornosophique de mi parcours

Comme pour beaucoup de femmes « vicieuses », blanches, élevées dans la bourgeoisie « à la Chabrol », les envies (surtout dans le sexe) que j’assume sont fortement liées à l’autorisation morale que je m’octroie.

Quand on n’a pas faim, on se permet des dramaturgies morales d’un commun pathétique mais d’une résistance et d’une ruse effrayante. Il faut donc la force de la survie ou un appétit de vivre plus intense que « ses » geôliers moraux pour enfreindre réellement « ses » règles morales tacites et castratrices.

Pourquoi tourner mon premier porno avec MMM100 ?

C’est vrai ça, pourquoi accepter de tourner du X avec MMM100, une production porno type gonzo trash phallo centré avec peu de moyens, un côté fait à l’arrache et des acteurs « qui sont pas des apollons » ? Pourquoi pas pour J&M qui me proposait un cachet plus gros et plus de visibilité ? Ou pourquoi ne pas tourner dans une réalisation plus « engagée » comme celles de Carmina ou Erika Lust qui me donnerait de la « grandeur » et œuvrerait pour « la bonne cause » ?

De très bons arguments, j’en conviens, mais en vrai ils n’ont pas cours dans mon monde.

Pourquoi ne pas tourner pour J&M ?

Concernant l’argent, je suis certes vénale, j’ai eu faim donc je connais sa valeur, mais ça n’a jamais été une motivation valable et je n’ai jamais couru après ! J’en ai besoin comme tout le monde, normal, mais je me contrefous de devenir riche et encore plus d’être célèbre. Comme dit dans le précédent article, JE ME FOUS DE FAIRE CARRIÈRE que ce soit dans le porno ou ailleurs ! Moi j’aime m’amuser ! Et devenir riche … nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Seconde raison que j’assume parfaitement, je suis une grosse snob et je peux pas blairer les films J&M ! Je déteste ce qu’ils véhiculent de la femme et de l’homme. Chez MMM100 y a du sauvage, y a de la baise trash, mais y a jamais d’avilissement ni d’humiliation ! Ah si pardon, y en a, mais elle se retourne 9 fois sur 10… sur les zommes et surtout sur Terry qui adore se moquer de lui-même. Pour moi, ça c’est un gros point positif. Et en plus lui aussi peu pas blairer J&M.

Chez MMM100 on va retrouver des délires de « saltimbanque », comme aime se décrire Terry, que je n’ai jamais vus dans les vidéos J&M. Bien sûr c’est comme pour J&M du porno kleenex. Oui, c’est du X « à la papa » qui coche EN APPARENCE toutes les cases des anti-porno. En effet c’est du X pas respectueux, pas lisse, pas convenable, pas bourgeois à la dorcel. Mais je dois vous avouer que je ne suis ni lisse, ni respectueuse, encore moins convenable, pas si bourge que ça et clairement pas une dorcel girl donc …

Et puis curieusement chez MMM100, c’est des vidéos de cul où il y a de l’humour, des clowns pervers, des massues géantes en mousse, des vélos tout pourris quand la fille dit qu’elle veut faire un film sur un super deux roues. Y a du rire, beaucoup de rire, et ça, rire en travaillant, ne pas se prendre au sérieux tout en faisant sérieusement, ben moi ça me parle ! Et ça je ne l’ai vu dans aucune vidéo J&M.

Alors oui, mon avis sur J&M est super moral mais comme c’est mon cul qui va se faire baiser et sur lequel vous allez vous branler, je m’octroie le droit de choisir et de ne pas cautionner la violence et la sensation systématique que la femme est juste un trou soumis à l’homme dominant et tout puissant.

A la phrase « on dit merci qui ? » je répondrais volontiers « pas à ta mère ! »

Je vais même pas rentrer dans les détails des pratiques plus ou moins fortement encouragées par la maison mère. Rien que ce que véhiculent les films me suffit à refuser toutes collaborations et diffusions chez eux.

Sainte Charlie priez pour nous !

Pourquoi ne pas faire des vidéos de porno éthique ?

La petite fille de résistant, la jeune quadra qui aime bien donner des leçons et l’ancienne comédienne de théâââtre qui sommeille en moi auraient adoooooré tourner un porno pour une production à la fois moralement réprouvable et éthiquement flatteuse. Ma suffisance aurait adoré faire du porno éthique, du porno féministe ou, à défaut, un film de cul artistiquement acceptable. Je me serais bien senti un Erika Lust, c’est beau, ça fait pas cheapos, y a un vrai projet derrière et même un message avec lequel je suis plutôt en accord.

Mais voilà, personne faisant partie du porno « engagé » ou différent ne m’a demandé de faire un tournage porno pour eux alors que MMM100 oui !

Ah oui, j’ai peut-être oublié de vous préciser ça, je ne suis pas allée voir MMM100 en leur disant « bijour, c’est moi, c’est Charlie, j’ai très envie de faire mon premier film porno pro, elles sont où les grosses saucisses à sucer ? » Non en vrai, c’est la vraie secrétaire de Terry qui m’a contactée pour me proposer un mix 3 scènes payées et 3 scènes en co-prod.

Mais revenons au porno pas éthylique mais éthique. Donc personne n’a pensé à moi pour du porno un peu réfléchi, sniff, je suis très triste, mais de toute manière j’aurais peut-être pas dit oui. En vrai je suis une fille qui aime la simplicité et qui, après 15 ans dans le théâtre engagé et les luttes de tout poil, s’efforce de rester une ne-pas militante et qui fuit comme la peste les partisans. Je l’ai été et je sais à quel point certaines bonnes intentions peuvent plier la réalité et faire plus de mal que de bien. Hélas on ne s’en aperçoit 9x sur 10 que quand les dégâts sont là.

En plus si j’avais fait mon premier tournage porno dans un cadre « Téléramaïste », ma suffisance et ma morale bourgeoise, « Chabrolienne », n’auraient pas été secouées comme elles l’ont été en tournant pour du gonzo punk.

Dernier point, je suis une fille simple, j’aime m’amuser, j’ai fait deux AVC, j’ai plus le coeur et j’ai jamais eu le cul à vouloir changer le monde en brandissant une banderole !

« L’humanité se prend trop au sérieux. C’est le péché originel de notre monde. Si l’homme des cavernes avait su rire, le cours de l’histoire eût été changé »

Oscar Wilde, qui n’était pas le dernier pour la gaudriole
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« Je fais du porno de saltimbanque, je suis pas un artiste et j’aime le cul joyeux »…

MMM100, chantre du porno façon punk et du gonzo joyeux

En plus du fait d’être une des seules boîtes de production de film X qui tourne SYSTEMATIQUEMENT avec capote, c’est le côté « Porn n’ Roll » qui m’a séduite chez MMM100. Quand j’ai reçu la proposition pour faire mon premier tournage porno avec eux, j’ai de suite regardé les teasers dispo sur leur site. Bilan : c’est du grand n’importe quoi !

Pour résumer le porno MMM100, dans les apparences c’est assez trash mais c’est aussi super rigolo. Y a des clowns satyres, des massues géantes en mousse, des déguisements ridicules, des fails, des « putains mais t’es nul comme acteur ». On est donc loin du porno style french bukkake ou J&M, qui est trash mais où la virilité du zomme est mise en avant. Chez Terry, le zomme s’expose et baise avec ardeur mais il expose aussi sa nullité et de se faire avoir.

J’adore d’ailleurs le fait qu’il n’ait pas coupé l’éjac foirée de notre première scène ensemble dans le garage ou qu’il ait laissé la réaction de Kevin dans la scène de la nonne faisant la quête, le moment où je veux lui recracher le sperme dessus. C’est ce genre de détails qui peuvent me rendre fière d’avoir été choisie par eux et d’avoir accepté de tourner pour eux.

C’est simple, ça n’a pas de prétention, c’est des humains (presque) comme les autres et pourtant, ce léger pas de côté change tout sans qu’on s’en aperçoive.

Au final ce que j’avais senti en voyant les teasers s’est révélé être très proche de la réalité. Au final on a beaucoup plus rigolé que ce que je pouvais imaginer et au plus la scène était censée être hard, au plus on a ri. Le climax étant la scène à 4 où là, c’est carrément devenu n’importe quoi et où sur les 2 heures de tournage, on a bien fait les cons pendant 1/3 du temps !

Le porno de MMM100 c’est pas du porno éthique, encore moins du lisse et du « la bourgeoise à gros nichons s’encanaille dans le XVIème. On est sur des vidéos porno type gonzo vaguement scénarisées, mais où les acteurs/trices comme les mateurs repartent légers et avec le sourire !

ATTENTION la vidéo teaser en dessous contient du contenu sexuel réservé aux + de 18 ans, merci de ne pas cliquer dessus si vous n’avez pas l’âge légal ou que vous ne voulez pas voir de nudité.

Pour avoir la version du teaser avec le sous titrage en français il faut aller sur le site de MMM100

Simple, sobre, efficace, familial et Alsacien

En plus de l’aspect grand « macadam circus » qui se dégage de leurs vidéos de culs, il y avait un discours de Terry qui était très clair et sincère, sans la pommade habituelle. Ses premiers mots de présentation étaient « j’ai un sale caractère, je suis un vieil ours qui aime les choses simples. Je te fais une proposition, tu acceptes ou pas, je m’en fous ». Comme préambule, avant même une petite turlutte, ça doit en refroidir pas mal, moi c’est le genre de proposition qui m’emballe !

Au moins tu sais où tu es, y a pas de petites lignes cachées dans le contrat. Tu sais que tu seras pas copains comme cochons, ça tombe bien, et que tu seras pas « ami pour la vie ». C’est du boulot et point barre. Alors oui, mon ego est pas flatté, je ne me sens pas aiméééééee, désirééééééee mais je sais qu’au moins si moi je suis carrée, lui, il y a de grandes chances qu’il le soit aussi.

Alors c’est du carré flottant mais c’est carré quand même. On ne m’a pas demandé quoi que ce soit qui n’ait pas été prévu en mode habillé, les contrats sont ok, les tests aussi et ils gèrent tous la capote comme des maîtres. On repart tous avec les ID de chacun pour pouvoir utiliser le contenu, les prestations sont payées rubis sur l’ongle et même un peu plus puisque la prod. a payé, en plus, la moitié du AirBnB qu’on avait loué pour nous. Merci !

Après MMM100 c’est pas une grosse boîte de production type Dorcel, on fait avec les moyens du bord. Il n’y a pas de sublimes décors, ni le champagne pour fêter ça mais même si j’ai des fantasmes de « luXure depuis 1979 », pour moi le sexe c’est d’abord de la bonne baise avant d’être des gloussements. Donc MMM100 c’est une petite production porno, quasi artisanale et très familiale mais où, nous, on s’est senti comme à la maison.

C’est d’ailleurs très rigolo comme ambiance, c’est calme avec un faux rythme, un peu comme un match de l’Undertaker (catch). Linda et moi nous nous parlions dans un anglais approximatif, Kevin et son téléphone ne parlait pas beaucoup mais comprenait un peu le français et Terry, lui, parlait à tous le monde en espagnol, que je ne comprend pas, avec un accent Alsacien. MAGIQUE !

J’exagère un peu, mon côté Marseillaise, mais c’est pour dire que c’était assez spécial. Quelqu’un passant par là aurait plus parié sur une auberge de jeunesse ou une coloc ERASMUS que sur un tournage de film X.

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ZOB IN JOB, no sexy attitude after job

C’est un peu comme ça que je résumerais l’ambiance de ces 4 jours passés ensemble. Autant les moments de baise étaient ultra dynamiques, autant dès que c’était bon on redevenait des humains tout ce qu’il y a de plus courtois et correct. A croire que la douche, où les filles sont prioritaires, avait des vertus magiques.

Pour finir de déconstruire les mythes, ou les grosses mites, et quitte à en décevoir certain.e.s, il n’y avait absolument AUCUNE SÉDUCTION. On ne passait pas nos temps libre à forniquer comme des lapins ou à se chauffer le croupion.

Pour moi c’était super agréable de ne pas avoir à jouer de rôle, même pas celui d’être une meuf. Je vous jure que ça détend d’avoir des gens qui en ont strictement rien à foutre de comment tu es habillé, si tu es une fille ou un garçon, si t’es à poil les jambes écartées ou pas, tout le monde s’en tamponne !

Entre les tenues hypers glamour de Linda et moi, enfin le glamour cocooning quand il fait -6° dehors, legging, pull doudou et boots, Kevin qui essayait de rentrer dans son téléphone et Terry ON/OFF qui alterne entre super présent et pouf d’un coup il semble planer à 3000 m, c’était folklo ! Renaud qui observait de loin a beaucoup ri intérieurement.

Est-ce que je referais un tournage porno ?

Ahahah la question à 300€ ! 300 €, pour ceux qui veulent savoir, c’est le prix de mon cachet pour une scène standard de 1heure, je suis débutante.

Alors laissez moi réfléchir… CLAIREMENT OUI !

Si c’est dans les mêmes conditions de simplicité, de confiance et d’entente, pourquoi refuserais-je ? D’ailleurs on s’est dit qu’on remettrait ça cet été, quand il fera chaud, enfin moins froid. Oui, pourquoi refuser ?

J’ai beaucoup ri, c’est hyper important pour moi, j’ai mis des taquets à ma morale de fille de médecin de province, j’ai grave pris mon pied, ouais j’ai vraiment pris mon pied par moments, j’ai gagné 4 tunes et en plus j’ai rencontré des gens qui ne me veulent rien de plus que ce qu’ils annoncent : bosser avec moi !

Personne n’a émis de jugement, on s’occupe pas du cul des autres sauf pour le fesser ou le bouffer, au final, dans ces conditions précises j’ai eu l’impression de passer 4 jours dans la peau d’un bonobo plus que dans celle d’une crétine de femme cys-hétéro normée française de culture catholique votant (pas) à gauche.

Franchement, ce tournage porno c’était des vacances pour moi !

Maintenant, pour aller un peu plus loin, si un jour j’avais une boîte de prod ou que je réalise pour une boîte de production porno, j’essayerai de faire moins de figures imposées, vaginal face et dos cam, blowjob, spoon, anal face & dos cam, etc. Histoire de laisser monter le plaisir. Peut-être même que je demanderais aux acteurs de prendre leur pied. A voir in situ.

Moi je me suis régalée, j’ai bien pris mon pied, j’ai pu expérimenté la baise sans relation, sans affect, le sexe juste pour du sexe sans absolument rien connaître de l’autre et j’ai découvert que j’adorais ça ! A ce jour je ne sais toujours pas si TERRY KEMACO a aimé, si Kevin a kiffé faire du trampoline dans mon cul ou si Linda ne m’en veut pas trop pour le MIAM MIAM (je crois pas) mais je m’en fous ! Du coup MERCI à vous d’être comme vous êtes et un BIG UP à Terry qui ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas, c’est rare, on aime !

La prochaine étape, si prochaine étape il y a, c’est de le refaire encore plus intensément mais surtout de voir si je peux m’autoriser à le faire sans qu’il y ait l’alibi du travail ! Et oui, c’est la différence entre une pute comme moi et une libertine. On est les mêmes vicieuses mais moi j’ai besoin de justifier mon plaisir par le travail, une libertine a besoin de justifier son plaisir par la gratuité. Mais tout ça c’est un autre débat.

Mille fois désolée de la longueur de cet article et encore j’ai fait court ! Si vous avez des questions, si vous voulez des détails, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! C’est gratuit et ça permet d’enrichir l’article.

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Liens & infos autour des putains de métier

Les 3 autres putains de protagonistes de cette rencontre via leurs liens pro.

NE DIS PAS QUE TU AIMES CA, le livre de Céline Tran – aka Katsuni – ancienne actrice porno

ERIKA LUST est une productrice de film porno qui sortent du côté macho man habituel et qui font place à de nouvelles pratiques sexuelles, de nouveaux corps, de nouvelles esthétiques. Elle est classifiée de réalisatrice de porno « féministe » ou engagé. C’est aussi la créatrice d’un excellent projet pour éduquer tous les publics à voir et analyser du contenu pornographique à travers THE PORN CONVERSATION

PROJET JASMINE est un programme fondé par MÉDECINS DU MONDE pour aider à lutter contre les violences faites aux travailleur(euse)s du sexe dans leur activité. « La prostitution n’est pas interdite en France. Vous n’avez pas à subir de violences.Dénonçons-les. » Une appli d’alerte et d’informations est disponible

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Cet article a 3 commentaires

  1. gent57

    Bravo ! C’est argumenté, détaillé et sincère, à ton image ! Le fond et la forme ! Pour les fautes, y’en a pas trop, çà va, lol ! Merci à toi pour ce témoignage et l’affirmation de tes convictions .

  2. Amante Lilli

    Génial ! Je l’ai lu de A à Z ! Merci pour ce compte rendu précis et honnête de tes impressions !

    Je me posais quelques questions sur cette notion de plaisirs justement, car on côtoie des acteurs/actrices porno dans le libertinage. Les deux milieux sont assez perméables. Je me demandais qu’elle était la différence notoire entre les deux univers et je pense justement que c’est le plaisir charnel et sexuel qui est au coeur du truc.

    Je peux comprendre le côté « sans séduction », car je l’apprécie en cinéma porno lorsque je me mets à disposition des hommes en abattage, mais le plaisir est toujours au coeur du partage aussi hard que puisse être la rencontre libertine.

    Je te remercie encore et je suis aux anges que tu t’épanouisses toujours plus dans ta sexualité !
    C’est hyper enrichissant et vive la quarantaine !

    1. Charlie

      Coucou miss j’ai beaucoup pensé à toi ou à d’autres libertines de l’extrême (ben oui quand même). Avis perso, mais c’est super perso et basé sur une toute petite expérience, donc je crois que la grosse différence c’est l’argent et le fait de faire un travail
      J’ai vraiment retrouvé dans le tournage de ce porno les même trucs que dans les tournages de films classiques. La seule différence c’est qu’au lieu de parler à l’autre tu baises avec mais au final c’est presque anecdotique.
      Après moi je ne sais pas faire un travail que je n’aime pas, j’ai du dans ma vie bosser quelques mois en usine ou comme femme de chambre dans un motel mais c’était vraiment très sporadique et pour payer mon loyer. Mais très vite j’ai cherché autre chose car je n’y prenais aucun plaisir, je suis d’ailleurs devenu camgirl 😉

      Donc oui je crois que la grosse différence c’est le fait que ce soit un travail et qu’on nous apprend souvent qu’on peut pas être heureux de travailler.

      Perso moi j’aime mes métiers (camgirl, cuisinière, vendeuse sur les marchés et maintenant actrice X) je les considère juste comme d’autres de mes activités (podcasteuse, blogueuse, testeuse) mis à part que celle la sont rémunérés et pas les autres.
      J’espère que ça répond à ta question.
      Et un peu comme disait Céline Tran, elle a fait du porno tant qu’elle aimait ça et a arrêté quand elle s’y ennuyait

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