Order of YONI, la bière vaginale sans cyprine, bordel !

Aujourd’hui je vais vous donner mon avis suite à ma dégustation de la première bière vaginale : The Order of YONI. En tout cas à ma connaissance, c’est la première bière faite à base de levures humaines, et vaginales plus spécifiquement. Et non, ce n’est pas une bière à la cyprine, comme j’ai pu le lire. Petite dégustation d’une bière au final fort bonne.

The order of YONI, une bière vaginale, WTF ?

Et oui, je brise tout suspense et conjecture dans l’oeuf, je le répète et ce n’est que notre avis personnel : Cette bière est fort bonne !

Summum de cette dégustation un peu hors du commun, le fait d’imaginer vos têtes et vos réactions, c’est carrément à hurler de rire. Entre ceux qui se retiennent de filer rapido vers les toilettes ou la bassine la plus proche, ceux qui se disent “oulalala ça va être sanglant, Renaud va les démonter” et ceux avec la bouche grande ouverte et l’air encore plus surpris qu’en voyant un esquimau manger un gros miko*.

*Faut être vieux comme moi pour comprendre la blague.

D’habitude vous voyez plus Charlie jouer avec la canette de bière que son contenu mais pour une fois, on va changer nos habitudes et du coup c’est moi qui m’y colle ! Priez pour moi, ami.e.s pécheurs !

Et glou et glou, elle est super bonne !

Vous verrez dans la vidéo en dessous nos retours en direct live pendant le BEFORE2 mais en gros, The Order of YONI est vraiment super bonne. Largement au niveau de certaines bières trappistes.

Pour la “vaginal beer” Monique

On est vraiment sur une bière artisanale de garde. Elle est un peu grasse, ronde, avec un joli dépôt, une belle tenue en bouche et pas trop de bulles, ce que perso j’aime beaucoup. C’est mon petit coup de coeur.

Fiche technique : ingrédients : eau, malts d’orge (Pilsner, Munich, caramel, rôti), houblon (cascade américaine, Iunga polonaise), copeaux de chêne cognac, levures, lactobacilles
Non filtré,  Pasteurisé, Degré Plato : 14,  ABV : 6,1%, Température de service: 8-13 C / 46-55 F

Pour la version Paulina

C’est très proche d’une Orval. Un peu plus de bulles, plus fraîche et plus acide, une fermentation haute je pense, je suis pas spécialiste brasseur. Paulina glisse dans la bouche.

Fiche technique : ingrédients : eau, malts d’orge (Pilsner, Munich, caramel, rôti), houblon (cascade américaine, Iunga polonaise), copeaux de chêne cognac, levures, lactobacilles
Non filtré,  Pasteurisé, Degré Plato : 14,  ABV : 6,1%, Température de service: 8-13 C / 46-55 F

Alors il paraît qu’il y a des arômes de musc … mouais, j’ai pas trouvé. Par contre ce que j’ai trouvé, c’est les 8°  de ces deux “vaginal beer” ! Que ce soit Paulina ou Monique, elles tapent la tête les copines !

MISE en garde : dans cette vidéo vous entendrez des propos ouvertement remplis de préjugés absolument infondés, vous aurez même des propos et des attitudes de ma part clairement machistes pour ceux qui aiment juger plutôt que voir un humour certes franchement lourd pour certaines sensibilités. Mais que voulez-vous, emmerder #LesStandardsDeLaCommunauté est une passion chez moi.

Un marketing bien sexy-ste

C’est super beau, super classe, noir et doré, super propre et classe. Quand on regarde chacune des deux bouteilles de bière (dispo uniquement en 50cl), on dirait presque un film Dorcel !

L’étiquette se décolle même pour vous donner plus d’info sur la donneuse de lactobacilles, dans notre test Paulina ou Monique (quel prénom étrange tout de même).

Vous saurez tout d’elles… Enfin, tout ce que le mâle moyen est censé, je dis bien censé, vouloir savoir de la bière qu’il glougloute libidineusement.

C’est beau, on se croirait aux chandelles, mais c’est hyper sexiste. La cible marketing est vraiment le comportement masculin (pas forcément un homme) avec des moyens (7€ la bouteille) et qui se donne l’illusion de boire à la chatte de sa femelle en canette.

Si on n’est pas dans de la chosification de l’humain, je sais pas où on est ? Oui, je précise humain et pas femme car pour palier aux reproches de sexisme qui vont lui être fait, le diffuseur travaille déjà sur un produit à base de mâle.

Pour ma part, je ne vois là qu’une des multiples formes d’anthropophagie moderne. D’ailleurs le marketing est fait dans ce sens : “Dégustez les traits et attraits de la brune piquante Paulina !”

Peut-être qu’on devrait se poser des questions sur nos responsabilités collectives ET individuelles de la direction que prend notre monde. Après, ce n’est qu’un point de vue moral qui est donc très conjoncturel, j’en ai conscience.

Une bière à la cyprine ?

Il me semble que c’est le point le plus important pour bien comprendre que la bière Order of YONI n’est pas faite à base d’écoulements vaginaux comme j’ai pu le lire sur certains sites.

La cyprine est un liquide lubrifiant et nettoyant qui est secrété par les glandes de Bartholin. Elle a pour fonction essentielle la lubrification & la lutte contre les infections de la sphère vaginale.

C’est un liquide absolument sans danger ! Toute personne ayant déjà fait un cunni dans sa vie en a déjà avalé !

Alors si le goût de la cyprine est parfois acide ou désagréable, c’est en général dû à un souci global de santé, au stress, ou la plupart du temps simplement en fonction du cycle menstruel et c’est NORMAL !

Oui mais de là à en boire ? Mais vous n’en buvez pas dans la bière The Order of YONI, ce que vous buvez c’est une espèce de bactérie, des lactobacilles spécifiques, qui sont mises en culture STÉRILE comme pour toutes les bières que vous buvez !

Comment on fait une bière ?

Et bien déjà, et même avant tout, il faut une eau de qualité ! Car oui, la base de tout alcool, c’est de l’eau ! Quand vous avez une bouteille de Slivovica qui tire à 60° (si si, j’ai goûté), et bien il y a quand même de l’eau !

Je ne vais pas vous décrire toutes les étapes mais en gros, la partie “vaginale” ou la “cyprine” de la bière The order of YONI intervient uniquement à la partie 4 du petit dessin super bien fait de Radis & Capucines.

comment faire sa bière à la maison

Un élément essentiel de la bière : les bactéries !

Quand vous buvez une bière, quelle qu’elle soit, même une “grostambour” ou une “Heil Niken”, à un moment la brasserie a utilisé des levures, donc des bactéries, en théorie vivantes.

La spécificité de la bière Order of YONI se trouve dans ses ferments extraits de la flore vaginale d’humaines. Et même si c’est une part essentielle dans la fabrication de la bière, c’est quand même une toute petite part de sa composition !

En gros quand vous buvez une bière, ben vous buvez des bactéries qui ont bien fait leur travail si la bière est bonne. Qui sont de qualité merdique ou qui ont subi des maltraitances si c’est de la “pils” ou autres “Coro(a)na(l) “

Pour faire une bière vaginale ou classique, il faut en moyenne 5 milliards de cellules, levures, bactéries pour un 25cl de bière, votre demi…

A raison de 1 million de cellules pour 0.0015g de levure sèche, tout ce petit monde tient dans 7.5g de levure sèche ! (si mes calculs sont bons). Dégoûtant, non ?!

Démontons nos croyances …et la publicité

Sur le site du diffuseur, on vous fait un super joli discours sur le fait qu’en buvant cette bière vaginale, vous allez déguster les traits et attraits de la “charmante” demoiselle sur laquelle on a prélevé ces levures, des lactobacilles. Ne le croyez pas !

Quand je fais un cunni à Charlie, je ne deviens pas elle et je n’absorbe pas ses qualités et défauts. Pas plus que quand elle me fait une fellation complète, elle n’a la barbe qui pousse et le verbe gras.

Je vous rappelle que ce qui est prélevé et reproduit en labo stérile, ce n’est qu’une espèce de lactobacille parmi les dizaines qui composent la flore de Paulina ou Monique. En aucun cas une bactérie ne peut être identifiée à nous, pas plus que votre orteil gauche n’est vous ! Oui je sais, c’est hyper décevant.

Oui mais c’est des bactéries quand même !

Les bactéries qui composent la flore vaginale des femmes sont comme toutes les bactéries servant à la fermentation des bières ! Donc plutôt que d’utiliser des levures, champignons, bactéries de type Ale (Trappistes), Lager (Pils et bières légères) ou Libre (Orval), le concepteur  de la bière vaginale est allé chercher ses lactobacilles dans le vagin féminin.

Pour info : les bactéries qui nous composent, et nous en avons en gros 10 fois plus que de cellules dans notre corps, sont totalement étrangères à nous-mêmes. Et oui, l’immigration existe déjà en nous, ce qui rend le nationalisme et le racisme encore plus stupides. [pour en savoir + sur vos bactéries]

Alors pas d’affolement, Monique et Paulina ne sont pas mises dans des couveuses spéciales, cuisses écartées en train de se faire pomper la flore à longueur de journée.

Plus simplement, ils ont fait un prélèvement de leur flore vaginale, comme quand vous allez chez le gynéco. Sur cette base, ils ont isolé les souches de bactéries qui les intéressaient. Une fois isolées et “nettoyées” des risques pathogènes, ils ont mis en culture in vitro ces bactéries pour en sortir les kilos nécessaires à la production de The Order of Yoni.

La bière à la cyprine, comme disent à tort  les journaux, est donc totalement SAFE ! Après vous avez le droit de trouver ça dégoûtant mais c’est un problème psycho émotionnel.

Bière vaginale & vin d’anus Bilan

Au delà du fait que gustativement cette bière est très bonne, je me pose quand même la question du pourquoi ? Quelle drôle d’idée, vous ne trouvez pas ?

A quand le vin d’anus, le flan mammaire, les boissons protéinées au sperme et les eaux détox à la salive…

Ce qui à priori peut être rebutant, les lactobacilles vaginaux, ne tient pas la route deux minutes si on a déjà fait un cunnilingus.

A titre perso, entre boire une corona faite avec des levures super merdiques, de très mauvaise qualité, et des levures vaginales super étudiées et choyées parce que tous les organismes sanitaires vous attendent au tournant, ben y a pas photo.

Restent pour moi les questions éthiques, anthropophagie, chosification de l’humain et les aspects franchement sexistes du produit qui sont pour moi les véritables freins à l’achat d’un tel article.

Liens & autres

Pour en savoir plus sur la BIÈRE en général, allez faire un tour sur Brassage.domainepublic

Ce que nous appelons à tort “notre” flore intestinale, vaginale, buccale, n’est en vérité qu’une association pacifique, si tout va bien, de bactéries qui sont d’accord pour bosser ensemble et construire une super entité que nous croyons être nous mais qui est en fait des milliards de petites entités bien distinctes.

J’arrête là pour le rapide rappel de science nat. Gogol étant votre ami (pour la vie), je vous laisse chercher.

Cet article a 2 commentaires

  1. Comment transformer Renaud en Torchéman et Charlie en Picolegirl !

    1. mais elle tape grave ces bibines ! en plus on avait pas mangé depuis pfiouuuu hyper longtemps

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