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Second podcast érotique consacré à la série littéraire F(r)iction, de Nora Gaspard où elle imagine un monde dans lequel « la Maladie » envahirait tout et changerait radicalement à la fois nos manières de vivre, mais aussi nos façons d’être à l’Autre. Une dystopie érotique qui fait froid dans le dos car, vu comme le monde tourne, à bien des moments, on est plus proche de la prédiction que de la science fiction.

Sauf que dans l’imaginaire de Nora Gaspard, à un moment donné, ça s’arrête. A un moment donné, les gens se retrouvent. C’est en tout cas sur un texte plein d’espoir que se conclu la saison 2 de F(r)iction, de Nora Gaspard. Même si d’autres textes laissent, je trouve, bien peu d’espoir quant à l’avenir de l’humanité, elle a choisi de finir sur une note joyeuse, une orgie géante où les gens, si heureux de se retrouver, laissent leurs corps parler.

Mais nous, qui ne vivons pas dans l’imaginaire de Nora Gaspard, comment finirons-nous ? Comment le monde finira-t-il ?

C’est pas bon quand je pose ce genre de questions car les réponses qui me viennent en tête sont loin d’être optimistes. Si la lucidité vous fait peur, si vous préférez vivre dans le monde des bisounours, ne lisez pas la suite de cet article

F(r)iction, de Nora Gaspard – quand la fiction se frotte à la réalité

Cet épisode des Lectures Erotiques de Charlie est le quatrième consacré à F(r)iction. 2 épisodes sur la saison 1, et deux épisodes sur la saison 2. Au risque de me répéter, j’aime vraiment beaucoup cette série de textes. Ce ne sont pas les textes les plus érotiques qui soient. Ni les plus joyeux. Mais ils transpirent une certaine lucidité quant à l’époque dans laquelle on vit, et quant au monde vers lequel on se dirige gentiment.

Sauf que ce monde n’aura rien de gentil. Entre F(r)iction, et la série Person of interest (tenez jusqu’à la saison 2) que je revois en ce moment, autant vous dire que le monde que j’entrevois se profiler à l’horizon n’a rien de bandant. Un monde gouverné par des algorithmes, où sous couvert de sécurité et de facilité, tout sera sous surveillance, contrôlé, repéré, répertorié. Si vous collez au cadre imposé, tout va bien navette. Mais si vous dépassez… Si tout à coup votre existence contrarie d’une manière ou d’une autre les plans qu’on a prévu pour vous…. Ca risque de très très mal se passer.

Podcast de F(r)ICTION, de Nora Gaspard

– saison 2 et opus 4 des histoires érotiques sur cette nouvelle érotique

F(r)ICTION : Science-fiction ou prédiction ?

Alors oui, FrICTION c’est de la science-fiction, me direz-vous. Et ben pas tant ! L’algorithme est au coeur de nos vies. C’est lui qui décide la musique qu’on écoute (coucou spotify, youtube et consorts), c’est lui qui oriente les informations qu’on trouve, la pub qu’on ingurgite, les gens qu’on rencontre et au final, ce sont des putains d’algorithme qui influencent ce qu’on bouffe, ce qu’on porte, ce qu’on vote, ce qu’on pense.

Quant au flicage, au traçage et « répertoriage » permanent… il devient de plus en plus puissant et évident. Sitôt qu’on paie par carte bleue, on sait ce qu’on consomme, à quelle fréquence, à quelle période, on sait grâce à nos dépenses, à nos téléphones, où on se trouve, avec qui, etc… Et on trouve ça tellement plus rassurant.

Car grâce au GPS on n’est jamais perdu ! Grâce à la carte bleue, on paye plus vite, on paye à crédit, on ne s’encombre pas les poches de monnaie sonnante et trébuchante. Et maintenant, en plus, on limite les contacts, repoussant loin la vilaine maladie qui nous rappelle qu’on est mortels, l’impertinente !

Nous, la plèbe, par manque de volonté, par feignantise, on s’en félicite ou pire on trouve ça normal. Nous, le vulgum pécus, on applaudit à deux mains toutes ces nouveautés technologiques qui soulagent nos vies tellement encombrées de… vide ! C’est assez ironique, car c’est justement ce vide qu’on fuit en se gavant d’autres objets technologiques. On consomme tout. La bouffe, la musique, le sexe, les gens. Tout sert à se remplir, se gaver, se rassurer. Et en bons gros poulets de batterie bien gras et feignants à souhait, rassurons-nous, on est nous aussi consommés, on sert à maintenir et même à accélérer un système devenu autonome.

Peut-être que je suis follement pessimiste, follement complotiste, so 20eme siècle. Peut-être. Mais quand je regarde le monde autour de moi, quand j’écoute les gens, j’entends de plus en plus de peur, de colère, de méfiance.

Le racisme augmente et s’affirme fièrement. L’homophobie se porte à merveille. Les standards de la communauté rendent le corps sale et impropre et la majorité trouve ça normal, car il ne faudrait pas imposer l’horrible vision d’un corps à de pauvres têtes blondes innocentes.

On abandonne nos libertés le sourire aux lèvres et la main sur le coeur. Tant qu’on peut consommer en toute sécurité tout va bien.

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Les frictions de ma fiction – Charlie en code rouge

Moi aussi je vais m’amuser à faire un peu de prospective, après tout je suis encore un peu libre non ? D’ici quelques années, pas beaucoup, 5 à 10 ans suffiront, on pourra de moins en moins consommer. Les ressources s’épuisent. La crise écologique n’est pas une vue de l’esprit. Ca va devenir vraiment chaud (+3° au sol = bien plus dans l’air) et ca sera pas synonyme de mojito sur la plage.

Peut-être que dans un regain de dernière minute, on changera ! Peut-être que tout à coup, c’est la coopération qui primera. Peut-être qu’on arrêtera de croire qu’on est la race supérieure, celle qui domine le vivant, qu’on arrêtera de se croire immortels, et qu’on prendra ce qui nous est donné, au lieu d’en vouloir toujours plus… Peut-être. Mais je mettrais pas ma main à couper.

Ne cédons pas au fatalisme. Ou cédons y, mais que ça ne nous empêche pas de vivre, bien au contraire. Face au monde qui se profile, ne nous permettons plus de nous enfermer dans des petites cases limitantes par peur de ce qu’on va penser de nous. Faisons l’effort de choisir ce qui remplit nos vies. Au final, investissons nos vies, au lieu d’investir dans du bitcoin ou des assurances vies, au lieu de fuir en se remplissant de télé, de sexe, de bouffe, de sport, de réseaux sociaux, de drogues…

Face à la catastrophe qui se profile, on a le choix. Renforcer encore un peu plus la peur et nous enfoncer encore un peu plus profondément dans nos certitudes. Redouter encore plus ce qui n’est pas comme nous et nourrir le feu de la haine. On peut aussi choisir de se gaver comme des gorets, de s’en mettre par dessus la tête, le syndrome « après moi le déluge ». Ou bien, on peut choisir de chérir nos vies, chérir ce dont on se nourrit. Baiser, non pour fuir, mais au contraire pour être encore plus ici et maintenant. C’est pareil pour tout. Apprécier vraiment chaque instant, car on sait que ca ne va pas durer.

NOTE DE RENAUD : si vraiment vous voulez fuir, pensez au geste le plus eco responsable du moment : Y a des cordes en promo chez Décathlon, des ponts qui n’attendent que vous. Juste pensez à être discret pour pas gêner votre voisin par l’odeur et la vue de la décomposition

Des liens et des bisous

Voilà un fort étrange texte pour présenter une lecture érotique, n’est-il pas ? Mais voilà à quoi m’amènent ces textes de Nora Gaspard. On pourrait trouver ça follement triste. Oui, ca l’est. Le monde est en train de changer, profondément, et pas forcément en mieux.

Mais c’est aussi follement joyeux. Car on a une occasion formidable de faire péter les digues qu’on maintenait en place pour nous empêcher d’être pleinement vivant. Osons être. Osons aimer. Osons nous aimer. On est des dingues ? Non, on est vivant, alors, profitons en !

Allez mes ptits choux, je vous laisse quelques liens, comme d’hab ! Des bisous les chouquettes, et à la s’maine prochaine !

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