Mon premier Erika Lust : Cabaret Desire

Depuis le temps que j’entends parler des films d’Erika Lust, il était temps que j’en vois un ! Et bien c’est chose faite, sur dorcelvision il y a un unique film d’elle, Cabaret Desire. Bon c’est pas le plus récent, il date de 2011, c’est un des films qui l’a fait connaître, il a reçu plusieurs prix dont le meilleur film de l’année au Feminist Porn award de Toronto en 2012.

Découverte du porno version Erika Lust

Erika Lust est suédoise et c’est la pionnière du cinema porno féministe et éthique. Quand elle a vu ses premiers films porno, elle n’a pas du tout aimé ce qu’elle voyait. Elle trouvait l’image moche, vulgaire, les nanas n’avaient pas franchement l’air de s’éclater et les situation sexuelles étaient plutôt ridicules. Du coup, le tout lui donnait plus une sensation de dégoût que d’excitation.

Comme elle était aussi cinéphile, elle a décidé de s’emparer du genre et d’amener ses propres codes. Avec des situations plus réalistes, auxquelles les spectateurs peuvent s’identifier, des personnages crédibles. Erika Lust voulait filmer le désir et la relation, de vraies scènes de sexe, crédibles et excitantes.

Et ben j’ai hâte de découvrir ça ! Depuis le temps que je râle sur les pornos filmés pour les actifs, où bien souvent on a plus du gros plan gynéco qu’une relation, vais-je enfin trouver mon bonheur ?

Cabaret Desire, le cabaret de vos fantasmes

D’entrée de jeu, quand le film commence, j’aime beaucoup l’ambiance. On est dans un cabaret avec une vraie ambiance de cabaret. On voit un mec danser autour d’une barre de pole dance, des nanas lookées années 30, ça me fait penser au film Cabaret de Bob Fosse.

La musique aussi est excellente, elle amène vraiment une ambiance, un univers. Une meneuse de jeu annonce le programme : un cabaret où des poètes et des poétesses vont vous raconter des histoires qui réveillent vos sens et vos fantasmes.

Un cabaret et 4 scènes

Le film est composé de 4 scènes, entrecoupées de passages au Cabaret. A chaque fois, un ou une poète va commencer à raconter une histoire à quelqu’un dans le cabaret, et sur la voix du narrateur, on bascule dans une scène. Entre chaque scène, on revient dans le cabaret, avec un tour de chant, une danse, jusqu’à ce qu’un nouveau poète raconte une nouvelle histoire, qui se transforme en scène.

Sofia

La première histoire, c’est celle de la jeune femme à qui on conte un récit érotique. Sophia est barmaid et rencontre quasi simultanément un homme et une femme, les deux Alex, et va vivre avec chacun une liaison torride. On partage donc la naissance de leur liaison, de la séduction aux ébats sexuels, et les deux s’entremêlent, mêlant scène hétéro et scène lesbienne. Jusqu’à ce que les Alex s’aperçoivent qu’ils ne sont pas seuls et demande à Sophia de choisir, homme ou femme, hétéro ou lesbienne !

La voleuse

La seconde histoire, c’est celle du narrateur, qui nous retrace la vie de sa mère. Une femme mystérieuse, artiste et voleuse d’oeuvre d’art. Un jour, elle s’introduit chez un homme, un célèbre écrivain qu’elle admire, pour lui voler .. son corps et sa jouissance ! Ambiance SM soft, où la femme vole à l’homme son plaisir et son abandon.

Laura

Avec le troisième récit, on découvre le cadeau d’anniversaire très spécial de Laura, offert par sa bande d’amis. Ils partagent tout depuis toujours, et chaque anniversaire est un déballage de sextoys en tout genre. Mais cette année, Laura reçoit juste une carte avec un numéro de téléphone. Au bout du fil, une voix d’homme inconnu qui lui donne RDV en bas de chez elle dans une heure. Le bel inconnu va la conduire dans un étrange lieu, un lit au milieu des nuages, où l’attend l’homme qui la fait fantasmer depuis longtemps …

Retrouvailles

Et enfin, avec la dernière histoire,on plonge dans une relation charnelle et passionnée de deux inconnus qui cherchent à se retrouver. Ils se sont donné rendez vous un an après leur aventure torride. L’attente de chacun se mêle aux souvenir de leurs étreintes.

Ni gonzo ni film scénarisé, un style à part

Le film d’Erika Lust sort des codes du porno mainstream. On n’est ni sur un gonzo, ni sur un film scénarisé à la Dorcel.

On a une histoire, ou plutôt quatre, un fil conducteur, le cabaret. Mais contrairement aux films à scénarios où bien souvent, le scénario n’est qu’une excuse pour enchaîner les scènes de cul, là le propos même du scénario, c’est le sexe. Ce qui est plutôt très intelligent. C’est la diversité des rencontres, des fantasmes, et le désir. Et ça marche plutôt très bien !

Erika Lust rend les gens beaux

Erika Lust fait vraiment du cinéma. Les acteurs sont des gens normaux. Pas de poitrines surdimensionnées gonflées au silicone, de bouches en forme de vulve tellement elles sont botoxées. Et elle les filme magnifiquement bien. Elle les rend tous beaux à l’écran. L’image est vraiment très belle. 

On est dans une ambiance naturaliste, pas de décors hallucinants, de surexposition. On est vraiment très proches du réel et les personnages sont tous crédibles, à part peut être la voleuse, car qui va cambrioler en se baladant dans la rue avec un suitcase intégral, cagoule incluse, et des talons aiguilles ?

Erika Lust filme le désir et la relation

Tout le monde, sans exception, joue vraiment bien. La particularité du cinéma d’Erika Lust, c’est qu’on a des personnages qui existent vraiment. Ce ne sont pas juste des acteurs de cul, comme dans un gonzo, car chaque chaque scène porno arrive dans un contexte. Et ce ne sont pas non plus des caricatures creuses, comme dans la plupart des films X scénarisées où, en gros, on retrouve toujours les même archétypes. La secrétaire cochonne, la bourgeoise dévergondée, etc …

Sur une scène de 20 min, il y a 10 min d’histoire et 10 min de cul. Le contexte crée le désir, le désir amène le cul.

C’est excitant …

Cette manière de créer un contexte, d’amener le désir à la fois chez les personnages et les spectateurs, pour moi ça marche super bien.

Les scènes de cul montrent avant toute chose la relation entre les protagonistes. Pas de gros plan rapproché d’une bite qui coulisse dans une chatte, Erika Lust filme le rapport des deux. avec pas mal de plans larges, des insertions de détails, une respiration, un regard, un pied qui se crispe.

Les jouissances sont sincères et super crédibles. Notamment dans la scène de Laura, j’ai vraiment vu un homme et une femme jouir, et ça m’a gravement excitée !

A la question “est-ce que ça t’a excitée ?”, la réponse est oui. Et oui, je me suis branlée en regardant Cabaret Desire. Mais …

Mais ça manque de cul !

Oui, j’ai manqué de cul ! C’est extrêmement bien filmé, c’est super beau, c’est excitant. Mais j’aurais aimé avoir justement quelques plans de bite et de chatte. Pas beaucoup, mais quelques uns. C’est presque plus un film érotique qu’un film porno.

Erika Lust bouscule les codes du porno mainstream, et ça c’est cool ! Elle amène vraiment du cinéma dans le porno. Sauf que, en tout cas pour ce film, il me manque un peu de porno justement.

Je n’ai pas vu de bite ! J’ai aperçu des sexes, mais seulement aperçu. J’aurais aimé voir, quand il y a une fellation, la scène de face, pas seulmeent de dos ou de côté. Et j’avoue, pour prendre mon pied, c’était sur la scène de Laura et Matisse, je l’ai remise en arrière car elle est trop courte à mon goût !

Mon idéal ? Une coréalisation John B Root et Erika Lust

Alors soyons clairs, j’ai beaucoup aimé ce film, malgré ma petite frustration. Oui, pour une fois je réclame du gros plan de bite dans une chatte, de bouche sur une queue et de doigts luisants de mouille !

Mais malgré ça, j’ai aimé la manière de filmer d’Erika Lust, son image, l’ambiance qu’elle crée, les scènes de cul, les scènes de jeu. 

En fait, la sensation c’est d’avoir une nouvelle érotique mise en images. Et très bien mises en images. Mais même dans une nouvelle érotique, il y a des gros plans, des focus purement sexuels. C’est ça qui m’a manqué. C’est pas grave, j’ai remis en arrière pour finir de me faire jouir !

Du coup, j’en viens à rêver d’une coréalisation John B Root et Erika Lust. J’aurais la qualité de l’image, l’intelligence de la mise en contexte et des beaux plans de cul, la perfection quoi !

Erika Lust, une réalisatrice à suivre …

Bon, cela dit, c’est le seul film d’Erika Lust que j’ai vu. Depuis, elle en a fait plein d’autres, et peut être qu’elle a rajouté plus de porno dans ses films … J’espère !

En tout cas, un très bon film, à voir si vous êtes sensibles aux nouvelles érotiques !

ps : à voir avec des sous titres si vous ne comprenez pas l’anglais car le récit a vraiment son importance !

Fiche technique :

  • Année : 2011
  • Studio : Erika Lust
  • Film en anglais (à voir avec des sous titres si vous ne comprenez pas l’anglais)
  • Durée : 75 min
  • Réalisé par : Erika Lust
  • Avec :  Toni Fontana, Sofia Prada, Saskia Condal, Mario Mentrup, Lady Diamond, Matisse, Liandra Dahl, Didac Duran et Samia Duarte 
  • Prix : 6.99€ à la location, 14.99€ au téléchargement

Cet article a 2 commentaires

  1. Contrairement à ce que croient les béotiens, réaliser un bon film pornographique reste un défi équivalent à tous les autres genres : même Stanbley Kubrick n’y parvint pas.

    1. grave ! Je dirais même que c’est un défit supplémentaire car en plus du coté film il faut rajouter le coté cul. QU’il y ait du XXX + de l’hsitoire et que les deux parties soient harmonieuses et bien joué … pas du tout evident

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