Corpus sexis, de Camille Eelen, portraits de jouissances

Cette semaine, dans les lectures érotiques de Charlie, on retrouve Camille Eelen avec son ouvrage édité aux éditions Secrètes, Corpus Sexis. Camille Eelen, je vous en avais déjà parlé; il m’avait contactée par twitter pour me proposer de découvrir ses textes et son blog. Et j’avais vraiment beaucoup aimé son écriture ! Vous pouvez réécouter le podcast de ses textes érotiques glanés sur son site.

Prolixe, amoureux des mots et de la musique, Camille Eelen écrit les corps et la jouissance sous de multiples formes. Sur twitter et instagram, il propose des petits rendez vous quotidiens avec le feuilleton érotique de 20h02…

Il est également l’un des porteurs du Projet Pierre Louys. Pareil, si vous voulez réécouter le podcast du volume 1 du cahier d’exercices pratiques, ne vous privez pas !

Et évidemment vous pouvez aussi retrouver de nombreux textes sur son site. Aussi bien des textes érotiques que des textes fantastiques. Car Camille Eelen aime les mauvais genres, le fantastique, l’érotique, Lovecraft, les Pixies et le gros rock qui tâche ! Et la bière aussi, je crois…

Corpus Sexis, portraits de Jouissances

Carnet érotique, voilà le sous titre de Corpus Sexis, de Camille Eelen, et c’est parfaitement trouvé ! En effet, ne vous attendez pas à trouver dans ce livre un roman, une histoire qui se tient de bout en bout. Corpus Sexis, c’est 18 nouvelles, 18 portraits de jouissances, pour être exact.

Le narrateur nous relate, de manière non linéaire, des rencontres, des ébats, des jouissances. Quasiment à chaque fois, avec une femme différente. Il y en a des rondes, des fines, des jeunes, des moins jeunes. Des qui aiment avoir mal, d’autres qui préfèrent la délicatesse.

Ce livre est une ode à la jouissance. Ou un manuel des mille et une façons de faire jouir une femme. En la léchant, la doigtant, la fistant, la baisant, la pourfendant…

Un carnet de bord des aventures érotiques du narrateur.

J’ai particulièrement apprécié les portraits empreints de BDSM. L’infirmière qui aime être attachée est une histoire particulièrement délicieuse… Sa revanche aussi d’ailleurs ! Quant à la femme mariée, étriquée dans une vie trop petite et triste, qui aime avoir mal pour se sentir vivre, lle ‘ma vraiment touchée !

Car il y a dans cette nouvelle une justesse émotionnelle. A la fois le désir de vie de cette femme, qui passe par la douleur et l’humiliation. Et le trouble réel du narrateur, confronté à ses propres pulsions, à ses propres démons…

Il y a d’incroyables scènes de fist ! Vraiment ! Camille Eelen rend le fist particulièrement érotique et beau !

Et puis, on sent qu’il aime les femmes, qu’il s’en délecte ! Le narrateur aime voir jouir les femmes qu’il rencontre. Trouver pour chacune la manière la plus juste de la faire atteindre le point de non retour.

Les situations se suivent mais ne se ressemblent pas. Les jouissances non plus. Chaque jouissance décrit une femme, tantôt solaire et explosive, tantôt réservée, celle ci ne fait quasi pas de bruit, celle là lacère et griffe quand elle jouit…

Une véritable galerie de portraits féminins. Montre moi comment tu jouis, je te dirais qui tu es…

Une écriture raffinée, parfois trop ?

L’écriture est raffinée, recherchée. Il n’y a jamais de vulgarité ni de facilité. Camille Eelen aime faire du sexe féminin un véritable tableau. On sent qu’il aime les mots, qu’il cherche le mot juste. J’ai eu, tout du long, beaucoup de plaisir à lire ces portraits. Bon parfois, l’auteur s’emporte lui même et au final, je perds un peu la relation entre le narrateur et sa partenaire. Je découvre alors un tableau, fort bien peint, de jouissance, mais où il me manque un peu de relation, de sentiment, de ce qui fait que le sexe nous transforme. Oui, je sais, je suis extrêmement difficile ! Là je pinaille, mais je sais que Camille Eelen aime les retours précis, du coup c’est ma manière de le remercier de sa confiance.

C’est pour ça que mes nouvelles préférées sont celles où il est question de soumission / domination. Car à chaque fois, le sentiment prend le pas. C’est le sentiment qui porte la nouvelle, la pratique. On découvre une situation sexuelle, mais aussi et surtout de l’humain, qui se cherche, se découvre et s’amuse. Et c’est un bonheur à lire !

Corpus Sexis, à déguster à petites goulées

Ce livre, je l’ai lu d’une traite, pour les besoins du podcast. Mais je pense qu’il se déguste doucement. En l’ouvrant à l’occasion sur une histoire ou une autre. Comme un bon rhum, de temps en temps, hop, un petit verre.

Et bien, il en est de même pour Corpus Sexis, de Camille Eelen. Bonne écoute, et à très vite pour de nouvelles aventures érotiques !

Et comme le portrait que je vous lis se finit avec Overkill, de Motorhead, ne nous privons pas de ce plaisir !

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