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Second épisode du second roman de François Fournet, L’Incendiaire, un roman porno et politique, qui donne un portrait sans illusions d’une jeunesse qui n’en a plus, justement, d’illusions, et qui cherche par tous les moyens à simplement se sentir vivante ! Et quels meilleurs moyens que violence, sexe et drogue, hein ? Quand l’illusion d’un monde meilleur disparaît, quand on n’a plus face à soi qu’un horizon gris et délabré, qui se rétrécit de plus en plus, il reste la pulsion de vie.

C’est cette pulsion qui meut les personnages du roman de François Fournet, cette envie de crier, de taper, de casser, parce que bordel, on est vivant ! Arrêtons de nous laisser crever et de nous enfermer à double tour dans des petites vies où l’illusion d’une pseudo sécurité est le seul horizon, voilà ce que nous jettent à la face les personnages de François Fournet. Mais gare, car parfois, celui qu’on tape, c’est nous, et c’est notre propre pulsion de vie qu’on éteint, à force de la chercher dehors, dans les coups, la drogue, le sexe.

L’incendiaire de François Fournet. Vivre plutôt que se laisser crever

Comme je vous le disais dans le podcast érotique de la semaine dernière, avec ce second roman porno, François Fournet dresse un portrait d’une jeunesse en quête de vie, en 2021. Le pitch est hyper rapide, Samy, un jeune métisse venu tout droit de … Digne, et oui, les préjugés ont la peau dure, et les cheveux frisés sont pas synonymes de Martinique… Donc Samy débarque à Paris, plein d’envies et de projets.

On est en pleine période de contestation sociale, gilets jaunes, manif étudiantes, c’est la convergence des luttes pour un monde meilleur (ahahah y en a qui y croient encore, si si, j’vous jure !). Et Samy se jette à pieds joints dans les manifs. Est-ce qu’il y croit ? Encore un peu, mais pas plus que ça. Mais ça occupe, au moins, il se passe quelque chose. Car c’est ça que cherche Samy, il attend que quelque chose se passe.

Et il rencontre Clara, 20 ans, nihiliste, en quête de frissons, prête à tout faire sauter pour vivre. Clara dit  » je veux pas crever toute ma vie ». Alors pour pas crever, Clara vit sur le fil. Elle provoque, elle rit fort, s’exhibe, s’enflamme, vole. C’est la reine des resto baskets, tabac baskets, courses baskets, tout est bon pour courir à s’en faire péter les poumons, tout est bon pour sentir courir en elle ce sentiment de liberté, celui qui lui dit que tout est permis, que le monde lui appartient.

Alors les règles de la bienséance et de la politesse, les conventions sociales, elle s’en contrefout. Elle prend même un malin plaisir à bien les exploser. Et un jour, Samy rencontre Clara. Ou plutôt, Clara choisit Samy.

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Chacun à leur manière les personnages de François Fournet cherchent à vivre, ils cherchent la liberté, l’exaltation, le frisson qui rappelle que bordel, on est VIVANT ! Et ils se perdent aussi, car à vivre dangereusement, on finit par se faire mal, parfois. Peut-être est-ce l’apanage de la vieillesse, ou du moins de la moins jeunesse, de capter que ce sentiment urgent de vie ne passe pas forcément par la destruction. Mais pour ça, il faut d’abord casser. Casser les carcans avec lesquels on grandit, oser, braver les interdits, se brûler les ailes. Le tout, c’est de s’arrêter à temps…

François Fournet, du sexe et du sentiment

C’est le deuxième roman de François Fournet, et comme je vous le disais dans le podcast érotique sur le premier épisode de l’Incendiaire, moi son écriture me touche. Elle est brute, directe. Elle est habitée par un sentiment. Y a de la vie dans ses mots, je trouve.

François Fournet écrit merveilleusement le sexe. A chaque fois, je le lis le souffle court, il m’embarque, je suis tous les personnages à la fois, je suis cette envie brutale et intense qui habite ses personnages. Il écrit avec une incroyable justesse l’urgence du désir qui fait voler les convenances, qui fait baver, mouiller, suer, éjaculer, qui entraîne ailleurs tant l’urgence de jouir devient forte.

Et c’est avec la même justesse qu’il nous parle de ces deux êtres, Samy et Clara, paumés tous les deux, en quête de sens et d’envie tous les deux, et qui, tel l’aveugle et le paralytique, vont cahin cahan se tirer l’un l’autre vers un matin un peu plus lumineux.

Au fil des pages, François Fournet tire aussi sur les petitesses quotidiennes. Le racisme ordinaire, qui malheureusement s’affiche de plus en plus fièrement, et fout toujours autant la gerbe. Le mépris du bourgeois, qui n’a même pas conscience du monde dans lequel il vit, qui ne voit même pas ceux qui ne sont pas comme lui. Les magouilles syndicales, les luttes instrumentalisées et qui utilisent des pauvres bougres qui croient vraiment à ce qu’il y a écrit sur leurs banderoles…

Au delà des luttes, au delà des peurs, il y a la vie

L’INCENDIAIRE de Francois Fournet dans la collection Les Nouveaux Interdits, chez Media 1000

Il fait pas vraiment rêver ce monde, hein… Et pourtant, au milieu du brouillard, au milieu des coups bas, des petitesses, des peurs et des haines, il y a toujours l’étincelle. Celle qui allume la joie, qui fait battre le coeur. Et pourtant, il y a l’amour. Pas le troc des corps, un peu de cul contre un peu de sécurité, non, l’amour. Mais sa voix est légère. Saurez vous l’entendre, parmi le vacarme du monde ?

C’est cette voix que cherchent Samy et Clara, je crois. Moi en tout cas, c’est là où m’a emmené ce livre. Car à la fin, j’y ai lu une autre possibilité, j’y ai lu la naissance d’une autre réalité. Comme Samy, comme Clara, comme nous tous je crois, j’ai cherché, j’ai tapé, j’ai crié, j’ai cassé, j’ai hurlé pour me sentir vivante et pour trouver. Une raison d’exister. Un sens, et du sentiment.

Et finalement, ce que j’ai trouvé, c’est simplement la joie triste d’être (merci Léo Ferré), cette joie immense et non exprimable d’être en vie, cette tristesse immense quand je vois à quel point je me contrains à oublier que je suis en vie, à quel point les gens autour de moi oublient qu’ils sont vivants, que c’est précieux et fragile, alors est-ce que c’est vraiment la peine de jouer aux immortels et de tout gaspiller en ne voyant que les impossibles, les peurs et les interdits ?

J’ai une astuce pour vous, si parfois vous oubliez que vous êtes en vie, si parfois, vous perdez le chant du monde, baissez le son du vacarme en vous, diminuez le bruit des peurs, des je veux, des espoirs et des rancoeurs, chut, plus doucement encore. Là, vous entendez ? Non ? Alors sortez votre vacarme, allez y ! Criez, tapez dans un mur, exprimez toute votre colère, votre tristesse, sans objet, juste brute, telle quelle.

Voilà. Maintenant, tout doucement, petit à petit, revenez aux sons autour de vous, écoutez le bruit du monde, l’autre monde, celui du vent qui bruisse dans les arbres, l’éclat d’un chant d’oiseau, le rire d’une mouette. Vous la sentez, la pulsion de vie ? Sentez comme elle est grosse, comme elle remplit tout votre corps ! Vous avez l’impression d’exploser, vous avez envie de pleurer, de taper, de rire, d’embrasser. Tout va bien. Vous êtes vivant. Simplement vivant.

Des liens et des bisous

Décidément François Fournet me fait dériver, et c’est tant mieux. Quand je vous disais qu’il y avait du sentiment là dedans ! Alors, revenons à nos moutons, revenons à Samy et Clara. Si vous voulez vous offrir le second roman porno de François Fournet, le suivre sur les réseaux sociaux, tout ca tout ca, voila les liens !

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Alors prenez soin de vous, et je vous dis à très vite pour de nouvelles découvertes érotiques ! Et rappelez vous, vous êtes vivants !

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Cet article a 2 commentaires

  1. Frank

    Vie et soies VIVANTE Belle Charlie !!!

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