Sexe Primé, de Stella Tanagra. Podcast érotique.

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Du sexe en mots, en maux … lecture érotique

Nouvelle semaine, nouvelle lecture érotique, aujourd’hui je m’attaque au dernier livre de Stella Tanagra, Sexe Primé, paru aux éditions Tabou. De Stella Tanagra j’avais déjà lu « Sexe cité », qui m’avait bousculée, qui était venu toucher des zones pas toujours confortables, évoquer des fantasmes parfois dérangeants. Quand j’ai croisé Stella Tanagra au salon de la littérature érotique, organisé par Flore Cherry en novembre dernier, elle m’a annoncé qu’elle travaillait sur un prochain livre, encore plus dérangeant. Alors qu’en est il ? Suis je ressortie totalement traumatisée de cette lecture ?

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Sexe primé, par Stella Tanagra

Sexe primé, de Stella Tanagra

Tout comme « Sexe cité », « Sexe primé » est un recueil de 10 nouvelles, accompagnées de deux poèmes, un pour le préambule, l’autre en conclusion. « Sexe cité » parlait surtout du désir féminin, des fantasmes pas toujours avoués de possession, de fusion. Pour ce livre, Stella annonce d’entrée de jeu en préambule qu’elle va plonger un peu plus du côté masculin des fantasmes. 

« Ce second tome fait suite à Sexe Cité, ôde au désirs féminins inavouables et aux tabous levés. Il est dès lors question de s’enfoncer plus profondément là où ça fait mâle. Les désirs s’expriment mais à quel prix le sexe prime ? »

Voilà le ton est donné, l’autrice vient questionner les désirs, les fantasmes, le passage à l’acte ou non. A quel prix doit on tout sacrifier au sexe, ou tout du moins aux pulsions libidineuses ? Stella Tanagra navigue et nous balade, entre eros et thanatos, pulsion d’envie, de vie, et désir de mort. Flânerie lascive où il est bon de ne pas confondre le fond et la forme. Le gentil garçon est-il bien sous tous rapports ? Le séducteur rassurant est-il bien intentionné ? Et la jeune femme distinguée et mystérieuse, quels sont les désirs qui la meuvent ?

Encore une fois, Stella Tanagra aime jouer avec les mots, jouer aussi avec le lecteur. Je te fais croire ça, je t’embarque, et je prends un malin plaisir à te retourner comme une crêpe à la fin. Stella Tanagra serait-elle joueuse ? Je n’en doute pas un instant.

Le fond et la forme

Je dois vous avouer, « Sexe Primé » m’a beaucoup moins bousculée que le précédent livre de Stella Tanagra. Est-ce parce que je suis une serial killeuse en puissance ? Ou peut être tout simplement parce que, au gré de mes lectures érotiques, j’ai pris l’habitude de voir se côtoyer les deux frères Eros et Thanatos … Mais, dérangée ou pas, toujours est-il que Stella Tanagra a l’art, je trouve, de trouver de bonnes idées, de bons ressorts dramaturgiques.

J’ai notamment beaucoup aimé la nouvelle Puppy Love, petite bulle d’amour et de fraîcheur. J’ai aussi été séduite par sa manière de traiter l’ambivalence désir / haine dans la nouvelle Ecran total. Sa manière de décrypter l’art de la séduction, dans Scène de crime, est aussi super juste je trouve. Lucide, froide, et tellement juste.

Mais pour moi, grande amoureuse des écritures incisives, j’ai parfois été un peu perdue dans une recherche de style et de syntaxe assez complexe. Cette complexité m’a enlevé une part de sentiments, je me suis heurtée par moments à la forme, au détriment du fond. Alors attention, ceci est un avis très personnel. Parfois, au lieu d’être embarquée dans l’histoire, je suis restée à distance, j’ai apprécié les idées, le fond évoqué, mais la forme, l’écriture, ont imposé une distance, me laissant spectatrice réservée plutôt que témoin empathique.

Et la virgule bordel !

Je suis une grosse psychopathe de la ponctuation, et j’ai souffert, oui, oui. Attention sur cette partie ce n’est pas du fait de l’autrice mais bien de la maison d’éditions et des relecteurs.

Pourquoi je vous parle de ponctuation ? Parce que la ponctuation, c’est le squelette respiratoire d’un texte. C’est elle qui indique les respirations, donne le rythme du souffle. Alors c’est une déformation de comédienne, je suis lucide. Mais même à la lecture, la ponctuation m’a fait défaut, m’obligeant à me concentrer, à lire et relire pour trouver le rythme de certaines phrases. Ca n’aide pas vraiment à l’empathie. Au contraire, ça demande un effort particulier de lectrice qui éloigne un peu du sentiment de départ insufflé par l’auteur. Et c’est fort dommage je trouve, car un truc tout bête comme retravailler la ponctuation, ça permet de mettre en valeur le travail et surtout l’imaginaire d’un auteur.

Donc mesdames et messieurs des maisons d'éditions faites votre travail !

Vous n'êtes pas que des diffuseurs, votre travail est aussi de valoriser l'imaginaire de l'auteur / autrice. Et dans le domaine de l’imagination, Stella Tanagra est une reine !

Stella Tanagra, bien plus que du cul

En tout cas, Stella Tanagra continue sur sa lignée. A travers ses histoires, elle continue à interroger les désirs, les pulsions, sondant l’âme humaine et ses déviances. Bien plus que de simples histoires de fesses, ses nouvelles questionnent l’humain à travers sa sexualité, l’humain en chacun de nous, écartelé entre ses désirs, sa morale, sa volonté de toute puissance et celle de soumission absolue. Quand je vous disais que Stella Tanagra jongle entre Eros et Thanatos …

Merci encore à Stella Tanagra pour sa confiance, et j’espère que ma lecture saura rendre l’univers complexe et perspicace de l’autrice ! Des bisouxx à tou.te.s et à la semaine prochaine !

Pour vous offrir « Sexe primé », en version papier ou numérique, c’est sur le site des éditions Tabou.

 

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