MotorHead l’âme du rock’n roll … bruyant

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MotorHead & Lemmy, les héros de la jeunesse sont mortels

Et c’est tant mieux ! Bon la semaine dernière on était sur du smoothie, de la poésie érotique. Cette semaine pour le #1B2C on va revenir à un truc un peu plus bruyant. Lemmy Kilmister et le groupe phare, culte, bruyantissime, à savoir MotorHead. Je ne vais pas vous faire une bio sur Motorhead, Tonton Manoeuvre (philippe) l’a fait avec la classe qu’on lui connaît. Il y a aussi l’excellent reportage diffusé sur Arte autour de Lemmy en ce moment – le lien qui va bien. Du coup je vais vous parler de moi, ma relation avec MotorHead et surtout avec le Rock’n Roll.

MotorHead, que vive le rock’n roll

Avant MotorHead, avant la folie de Lemmy, le rock’n roll c’était Elvis, c’était les Beatles ou les Stones. Il y avait quelques groupes un peu déjantés. LSD mon ami et sa tribu de chevelus. Hendrix, Janis, les Floyds, Led Zep, Deep Purple… Bon en écrivant ça je me dis qu’il y avait du beau monde. Mais tous ces gens, qui sont par ailleurs mes « idoles », à part peut-être Janis, suivaient une mouvance. Suivaient le chemin des « anciens », même Hendrix. Les Floyds eux appartiennent à une autre planète donc on peut pas vraiment les classifier. Et puis dans ce petit monde, entre musique et défonce totale, il y avait un gars, moche, c’est vrai ça, même jeune il était moche.

Le rock c’est tout à fond !

Donc un gars moche bourré au speed et au JD (jack daniels) qui gravitait au milieu de ces gens. Il portait la gratte de Hendrix, mettait le feu dans les pub anglais. Lemmy est une foutue tête de mule écossaise. Il insultait tout le monde, arrivait à la bourre et ne respectait rien à part une chose, vivre à fond ! Lemmy, donc MotorHead, c’est ça : Tout à fond – titre d’un live des Wampas avant qu’ils ne deviennent le groupe de didier wampas #tristesse.

Le Rock’n Roll c’est se lever le matin et accélérer. Se coucher le soir épuisé parce qu’on n’a rien retenu, on a tout donné. C’est, quand un danger arrive, accélérer pour passer coûte que coûte. Ne jamais freiner. Des fois on est mort de trouille et pourtant on accélère, quitte à être debout sur l’accélérateur pour voir s’il ne reste pas encore un peu de jus. C’est con ! C’est naze ! C’est pas bien fin mais d’ailleurs Lemmy n’était pas un grand mélomane. MotorHead ne brille pas par la complexité de ses compos ni par des solos de guitare majestueux. MotorHead et Lemmy existent par et pour la puissance ! Pour que vive le feu !

Moi, Maman et le rock’n roll

Lemmy je l’ai découvert juste après Trust, j’avais 14 ans. Le walkman avec les écouteurs en mousse orange sur la tête. Trust ça envoyait du bois, je battais les temps, contre temps, tierces, quartes, sur les montants de mon lit. Dans la famille c’était plus Jazz, disco et chanson française engagée que rock déjanté. Ma mère pétait les plombs. J’adorais. Et puis un jour ton vendeur de vinyles te file une cassette #Souvenir avec un crâne hurlant dessus. Sobrement écrit MotörHead What the fuck ? J’avais 15 ans, je ne connaissais rien à part les classiques cités plus haut. Mes tafioles* de copains se gargarisaient sur la voix de crécelle de Maiden. La misère !

Sur le terme tafiole : rien de péjoratif là dedans, simple expression certes connotée négativement. Mais désolé, dans la vraie vie des cons comme moi c’est une expression courante alors fuck le politiquement correct, voilà ça c’est fait. Amis garçons qui aimez les garçons (et qui n’écoutez pas Maiden en boucle) vous avez en plus de mon respect (d’on vous vous foutez) mon affection profonde pour le courage dont vous faites preuve chaque jour à être simplement vous même et nous apprendre à nous, pauvres cons d’heteros, « nul n’est parfait », que la vie est plus riche et plus folle quand on s’autorise à être libre.

Hurler comme un loup !

Le heavy métal c’était la misère pour le gamin qui avait envie de hurler sa rage et sa joie d’être encore envie que j’étais. Mais ce jour là, dans le garage où les potes répétaient, tu mets la cassette de vincent, le disquaire, et tu te prends The Wolf dans la gueule ! Une voix de porc absolu ! Un hurlement qui vient du fond des tripes ! Le hurlement du loup à la fin ! Bordel 30 ans après j’ai encore les poils ! C’est pas le meilleur album. C’est clair mais ce morceau avec Eat the rich resteront pour moi dans mes annales perso.

J’avais 15 ans j’étais parti de chez ma mère. Je refusais de lui parler. Quand elle toquait à la porte, qu’elle sonnait, qu’elle appelait en hurlant, pour ne plus entendre sa voix je me levais et calmement mettais The Wolf sur la platine 33 tours. Je montais le son à fond et hurlais. Ma tristesse, ma peur du monstre derrière la porte.

Je hurlais comme Lemmy hurlait. Encore plus fort ? Impossible !

La musique crée l’image !

On va pas pleurer dans les chaumières non plus. On a grandit elle et moi. On se regarde maintenant plein d’amour, d’adulte à adulte. Sans complaisance. Sans plainte. Nous savons tous les deux qui nous sommes. C’est aussi ça Lemmy, une musique et une image. La musique crée l’image, c’est la phrase que prononça Triple H (une super star du catch) aux obsèques du chanteur mythique. Lemmy c’était l’image du mec en noir, avec des croix gammées, des ballades en chars, des propos supers limites, des litres de JD et de speed dans la tête. Oui, ça c’est l’image. Et puis un jour tu croises son regard. Et tu retrouves l’enfant qui hurle, l’enfant qui hurle non pas de colère ou de haine mais qui hurle son chagrin, sa souffrance et sa peur. Et là tu comprends que l’image n’est qu’un jeu du Je. Je le connaissais pas, par contre je connais les humains.


Derrière tout le tralala Lemmy n’était pas le chanteur de MotorHead ! Lemmy était un humain qui chantait dans MotorHead et la différence est énorme. Comme dans Retour à Gattacca, il ne pensait pas au voyage de retour. Il avançait et hurlait coûte que coûte. Fucking rock’n roll.

Je voudrais te faire peur avec du rock de la fumée…

Lemmy, le rock’n roll, c’est pas hyper malin. C’est pas hyper raffiné. C’est pas fait pour ! Le rock’n roll c’est fait pour vivre.

Le tempo sur lequel tu te réveilles le matin berce ta journée, berce ta vie. Et bordel de dieu (un ami imaginaire qui adore les lupanars) le tempo de Lemmy il était sacrément tendu ! Vous avez déjà essayé de chanter comme motorHead, la tête en arrière ? C’est juste impossible, la voix ne sort pas. Sauf une voix, celle de Lemmy. Vous avez déjà essayé de jouer de la basse à son tempo et de faire sonner la vieille grand mère comme une guitare, jeune pucelle ? Impossible ? Lemmy l’a fait ! Pareil, essayez de prendre 55 ans durant la quantité de whisky pourri, de malbac degueu et de speed que le garçon a pris, impossible ! Il l’a fait ! Il a tenu sur la corde raide, sur le fil du funambule pendant 70 ans.

Les gens dans leur fauteuil diront que s’il s’était économisé il aurait vécu centenaire. Oui mais voilà, à quoi bon vivre 100 ans sans être soi même ?


In not memoriam Faites du bruit !

Je vais finir là dessus. MotorHead pour moi c’est le rock’n roll ! Ils étaient cons c’est sûr ! Fachos ? Peut être. Bruyant ? Euphémisme ! Sales, bouseux, vulgaires, inquiétants ? Ca c’est vous qui voyez mais bordel de dieu (il bande encore le vieux) ils étaient eux mêmes et ont permis l’émergence du Metal moderne, du Punk et de retrouver un peu de panache dans nos vies sinistres.

Il y a eu Mozart – là j’en connais qui vont hurler – et il y a eu Lemmy. Il nous met face à nos démons et face à notre peur d’être en vie, d’être envie.

Alors sans être lui et en suivant nos propres pas, on peut quand même suivre son conseil : Time to play our game ! 

Maintenant foutons lui la paix à ce vieux réac. Il a tout brûlé de sa vie et dans sa vie alors comme seul hommage à ce grand nom de la combustion lente : soyons vivants !

Wikikipédia Rock’N Folk –  You tuberie

Bon allez les ami.e.s je vous laisse, j’ai oublié plein de truc. Sa disco vous la trouvez partout sur le net, c’était juste pour vous dire que hurler, être soi, ça fait du bien. Vous dire que le rock’n roll ne mourra qu’avec nous et me faire le kif de mettre du rose sur un header avec Lemmy 🙂

Voili voilou, le brin de causette est terminé et j’espère qu’on se retrouvera la s’maine prochaine

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