Les Déesses de papier et autres garces

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Les déesses de papier, la femme dans la BD classique

La semaine dernière pour l’#ASV du dimanche on parlait BD érotique, du coup cette semaine je me suis replongé dans le monde de la bande dessinée en général et force m’est de constater que dans la haute pile de BD qu’il me reste – les déménagements successifs ayant eu raison d’une grande partie de ma collection – il reste essentiellement des livres avec de sublimes créatures, des déesses de papier et d’imaginaire. A mon avis, encore plus que la photo la bande dessinée permet la mise en scène du fantasme de la femme idéale. Tout y est possible, un trait malheureux on le « gomme », on le reprend et la perfection voit corps et se met à vivre, à rire et à vous torturer le cervelet.

Bien sûr il y a Manara, Forest (barbarella) et Serpieri (Druuna), bien sûr, mais tellement d’autres qui ne sont pas allés dans l’érotique affiché, même si Manara ne peut se limiter à la dimension érotique. D’autres dessinateurs, à l’intérieur d’un scénario, d’une histoire, glissent et esquissent par leur trait quelques courbes hautement stimulantes pour l’imaginaire du jeune homme que j’étais et de l’homme que je suis devenu.

Mon premier amour à 8 ans avec Walthery et les aventures de Natacha l’hôtesse de l’air très graouuuu. Puis sont apparu Bilal et ses femmes Déesses intouchables (ah la femme bleue), Hugo Pratt, l’éternel romantique, amoureux des femmes : Pandora, Louise Brookszowyc, Bouche Dorée et la sublime Changhaï Li ; amoureux des femmes donc mais surtout de La Femme, La Liberté. Juan Gimenez, le dessinateur entre autres de la caste des Meta Barons, avec un dessin très organique (tu m’étonnes, bosser avec Jodo ça amène de l’organe on va dire), Loisel et ses femmes / filles enfants (la fée clochette, Pelisse …), Jean Giraud / Moebius, depuis Chihuahua Pearl dans les aventures de Blueberry jusqu’aux femmes démones et autres HomeoPutes …

Là je me rends compte que tous ces hommes mettent en images un des aspects du Féminin, chacun pose à sa façon son idéal, sa peur, son fantasme de La Femme. Si je m’amusais à les recenser tous je sortirai ce #1B2C dans 30 ans donc je vais m’arrêter là. La liste est non exhaustive mais ce sont ceux et celles qui m’ont le plus marqué. Alors peut-être que ça peut sembler un peu misogyne. Une glorification de la forme au détriment du fond, à trop aimer La Femme aime-t-on vraiment les femmes ? La Femme est un Humain comme les autres après tout, alors un parmi tous se dégage pour moi, peut-être parce que j’ai le même goût que lui pour les garces et les vilaines allumeuses ?

Les garces de F. Bourgeon : l’homme qui aimait les vilaines filles

Je ne vais pas m’étendre sur le travail de François Bourgeon mais juste sur un point, il aime les mauvaises filles, les ribaudes bien en chair, gaillardes et paillardes. La femme chez Bourgeon aime bien la gaudriole, use et abuse de ses charmes pour arriver à ses fins. Alors parfois le mâle lui impose une partie pas fine mais chez Bourgeon il n’y a pas de blanc ou de noir, de bourreau ou de victime.

« Tu m’as écarté les cuisses une fois contre mon gré, je vais t’en passer l’envie à coup de bistouri » c’est un peu la devise des plantureuses de Bourgeon

Que ce soit dans le cycle de Cyan, les passagers du vent ou les compagnons du crépuscule, qui sont pour moi ses oeuvres majeures. La femme y est femelle, catin et vertueuse. Elles manipulent tout le monde, hommes et femmes, riches et misérables, et se font manipuler par tout le monde, la pitié n’est pas vraiment au programme. Elles sont bourreaux et victimes tour à tour, comme dans la vie. Bourgeon aime la chair, aime la trique, la bouffe, ses héroïnes, car ce sont elles chaque fois au centre de l’histoire, sont faites de chair (oh oui ! ) et de sang. Elles pleurent, elles rient, elles baisent et se font baiser, c’est je crois ce qui me les rend si sympathiques, si humaines et même aux confins de l’univers elles sont juste des garces normales, bon normales mais super bien foutues quand même.

Et encore un peu plus : 

Pour découvrir, re découvrir, les belles garces de François Bourgeon, sa page aux éditions Delcourt

et pour tous les autres magnifiques dessinateurs dont je vous ai parlé … Gogol est votre ami, après s’il vous plait essayez de ne pas passer par Amazon et autres, il y a plein de gentils libraires qui, si vous avez une semaine devant vous, vont se faire un plaisir de vous le commander, c’est un peu plus long mais c’est pas plus cher et ça permet de rencontrer des gens vivants, ce qui est pas mal non plus 🙂

 

Voili voilou, le brin de causette est terminé, à la s’maine prochaine !

 N’oubliez pas, le dimanche à 18h il y a les #ASV de LadyShagass sur twitter cette semaine on parle pornographie je crois  

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