la morale

Morale, on met les pieds dans le plat !

Publié le Publié dans News de Charlie Folies

« L’inconvénient avec la morale c’est que c’est toujours la morale des autres »

Léo Ferré – Une belle phrase pour parler des morales et de la Morale, non ?

Aujourd’hui on est à deux sur l’article, parce qu’il nous touche, parce que cette nuisance sourde, mesquine, gluante et pourrie qu’est la morale s’immerge de plus en plus, nimbe la toile, se tapit (comme Bernard) dans les recoins sombres de nos têtes, de nos culs et surtout, hélas, de nos coeurs. Alors c’est Renaud qui écrit mais Charlie est juste là à coté de moi. On est deux à être tristes, vraiment tristes en regardant notre monde. Si je ne m’accrochais pas fermement à mes testicules j’en pleurerais. On en pleurerait.

Un article un peu coup de gueule, un peu pour dire à nos ami(e)s « Oh les gars, les filles, arrêtez de tomber dans le panneau ». Qu’ils soient virtuels ou irl nous nous lions facilement, nous aimons encore plus facilement et ça fait du mal de voir un(e) ami(e) crever. (Brel)

La morale, virus sournois

C’est important de ne pas se leurrer, nous sommes tous moralistes, bien sûr  » il y a des poissons volants mais ce n’est clairement pas la majorité de l’espèce » (1) alors partons de ce fait, je suis, tu, il, nous, vous êtes moraux. Le constat est fait mais est-ce parce que je suis con que je dois y plonger avec masque et tuba pour rester dedans plus longtemps encore ? Peut-être qu’à un moment on peut faire preuve d’honnêteté envers soi, sortir de notre petit confort et voir ce qu’il y a vraiment derrière… On en profite pour faire un gros bisous à Adam qui par intelligence sait dire « ok j’ai déconné » et ça c’est cool.

C’est quoi la morale ?

C’est l’ensemble des règles explicites et surtout implicites qui créent la norme. La norme définit le groupe social dominant de référence qui édicte (le fait du Roi), grâce à la force du nombre, la notion de ce qui est bien et de ce qui est maaaaaal et l’impose ensuite aux anormaux pour les inclure ou les exclure, les assimiler ou les dévorer selon le point de vue,  dans le groupe dominant pour maintenir son pouvoir ad vitae. La morale, la norme, a de grandes similitudes de fonctionnement avec le cancer ou un virus.

Il / Elle colonise les cellules différentes de manière silencieuse, doucement, jusqu’à ce que l’organisme complètement gangrené, complètement figé meure ou fasse monter la fièvre, la révolte, afin de virer celui qui est responsable de ce manque de fluidité. Car la vie ne supporte pas l’uniformité, la Vie n’est que changement, adaptation, mobilité, respiration et ne peut pas exister dans un monde clos et statique.

La Morale, insidieux virus

Regardez, observez, écoutez la morale, les morales plutôt. Elles envahissent nos têtes et nos coeurs, petit à petit la pensée « Encore un arabe » arrive sur les tables des familles pourtant multi raciales et relativement ouvertes d’esprit. Petit à petit le « Ouais mais bon quand tu te sapes comme ça après faut pas t’étonner » sort, hop, comme ça facilement de la bouche d’une fille qui écume Meetic ou d’un mec qui à 32 ans doit en être à sa 68 ème « conquête ». Cette morale latente qui fait que maintenant tout le monde s’habille chez Zara en couleur classieusement passe muraille et uniformisée. Qui fait qu’on range les strings dans le tiroir « à mettre uniquement en soirée sinon on fait pute »

C’est l’acceptation de la morale et un gros soupçon de stupidité (ou de paresse comme disait Brel) qui a fait dire à ma grand-mère « Les noirs ils n’ont qu’à faire moins d’enfants ou les tuer, ils seraient moins malheureux » – elle était fille de l’assistance comme on disait avant.

La morale rend con(ne)

La morale, son acceptation, rend con(ne), un peu comme la croyance en un (ou plus) dieu barbu ou pas, bronzé ou pas, rend con et fait qu’on va se faire péter la gueule dans une salle de Paris, qu’on va buter des gamins au Congo, au Rwanda ou ailleurs (2) parce qu’ils ne sont pas du même groupe social que nous (voir norme) ou qu’on va faire péter le cul des peuples qui mettent pas le bon gars sur la bonne croix.

C’est encore le respect de la morale qui a fait brûler des femmes, des fous, des différents, des comédiens, des Bonnes femmes guérisseuses ou un peu trop charnelles pendant 8 siècle ! (3) et qui remet le couvert en 1935 en Allemagne et un peu partout en Europe (Russie).

« Toujours faire prendre une bonne douche aux gens qui ne sont pas dans la norme, ça leur rafraîchit les idées » c’était un des conseils santé du bon docteur Mengélé (qui fut très bien entendu d’un autre Josef un peu plus rouge). Je sais, je suis cynique, mais que voulez-vous quand on est malheureux on devient con aussi.

C’est peut-être ça le secret pour que la morale continue à se propager … rendre les gens malheureux, aigris, tout gris, flippant de leur p’tites tunes dans leur p’tit portefeuille, de leur p’tit pavillon dans leur p’tite banlieue, pour leur petite vie dans leur petit costume tout gris de gens aigris.

Tiens c’est cette même morale, cette même acceptation de la norme, la loi du plus grand nombre, ce besoin féroce et mortel d’appartenir au plus grand nombre, pieusement décrit comme « être normal », qui fait qu’un gars comme handi coquin [Site – Twitter] est seul sur son fauteuil roulant (bon après il est chaud du cul, doit falloir suivre) et attend la mort la queue à la main (je sais qu’il ne m’en voudra pas de parler comme ça). Cette jolie morale qui faisait que j’avais pleins de copines mais jamais de chéri(e)s. Encore l’acceptation de la morale commune, celle du plus grand nombre (de con ?),  qui fait qu’Eve, Mogwaï et tellement d’autres, qu’ils soient CUL ou CULturels,ont pleins de trucs à dire, à partager mais ne peuvent pas se montrer simplement parce que … notre qu’en dira t-on est plus fort que tous les comités de censure… le pire geôlier qui soit c’est nous même ! On vit dans un pays libre ? Je me marre.

Parce que la morale rend con et triste, notre monde se réfugie dans le brouillard, dans le froid, ferme ses portes, ferme ses yeux, sa bouche, sa tête et pire que tout son coeur et laisse crever nos frères humains, seuls, bites à la main, jambes écartelées et culs défoncés dans la cave d’un villa quelconque, « On ne se mêle pas de ça », ou encore met au ban de manière implicite, de manière feutrée, la fille ou le mec qui ne pense pas, ne parle pas, ne ressemble pas, ne baise pas pareil que la très sainte Morale du plus grand nombre, celui qui a dit que ceci était bien mais cela était maaaal.

Je suis moi et je vous encule !

Oui je suis énervé, on est énervés, surtout tristes de voir des gens « biens » se faire choper par leur peur du ridicule, leur peur de perdre un tout petit peu les miettes de pseudo pouvoir qu’on leur laisse croire qu’ils ont. C’est peut-être parce que depuis que j’ai 6 ans « on », et comme dit mon père « On c’est un con », « on » essaye, donc, de me faire rentrer dans un moule, dans un normal-isme bien pensant, « on » essaye de me foutre sur une chaise à roulettes qui pour moi serait une chaise à bascule (4)Ces -ismes, ces con-form-ismes de tout poil me hérissent le dos.

Alors Charlie encaisse, elle sourit, un peu triste, quand elle voit un commentaire du genre « ouais en gros t’es qu’un cul » ou les « ouais ça marche tes lectures érotiques (ou ton site) parce que tu montres ton cul ». Et alors, bande de têtes de glands ! C’est pas plus sympa de parler de prostitution, de tantrisme avec un joli cul ? Et alors, si vous en avez marre de voir son cul ou celui d’une autre de ces faiseuses de rêves, mais retournez voir vos mères et surtout « dormez tranquilles braves gens », la Loi et l’Ordre Mondial veillent sur vous et remplacent petit à petit votre Liberté d’Être par votre sécurité pavillonnaire. Pour finir, parce que je pourrais vous en faire 12 tomes :

Je suis Punk et je vous encule avec mon look de funambule saoul pour reprendre une de mes héroïnes à moi. La putain de vieille salope elle a bien raison et derrière ses pirouettes, ses gros mots et son look de « j’m’en fous et j’vous emmerde », si vous captez le sentiment, si vous captez ce qu’il y a dans ses yeux, alors peut-être qu’une vraie larme d’Humain va essayer de se frayer un chemin hors de vous pour arroser un peu le jardin de votre coeur tout asséché par la Peur. Car ne vous trompez pas, le souci ce n’est pas la morale, nous avons tous la nôtre, c’est la peur qu’il y a derrière, la peur de vivre, de rire, de péter en public, de fumer, de picoler, d’aimer…

Et j’espère que je vieillirais pour devenir un papy encore plus pourri que la vieille libellule, un vieux « bête et méchant » à la Choron mais qui aura au moins vécu sa vie comme il l ‘entendait, sans trop se soucier de ce que les autres peuvent en penser et en clamant haut et fort que “La soif du coeur ne s’apaise pas avec une seule bière.”

Voilà j’ai fini mon coup de nerf, je vais aller pleurer encore un coup en écoutant Brigitte Fontaine. N’en veuillez pas trop à la Miss pour mon invasion bloguesque mais c’est un »journal intime d’une camgirl » après tout et même les camgirls et leur copains peuvent avoir des émotions (voire des sentiments si on est des oufs)

Au passage lisez les paroles de la chanson, des fois que …

JorguePerezHiguera-femmelit

J’exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d’un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène
Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille et je vais crever
Un petit détail oublié
Passez votre chemin, bâtards
Et filez vite au wagon-bar
Je fumerai ma cigarette
Tranquillement dans les toilettes
Partout, c’est la prohibition
Alcool à la télévision
Papiers, clopes, manque de fric
Et vieillir dans les lieux publics
Partout, c’est la prohibition
Parole, écrit, fornication
Foutre interdit à soixante ans
Ou scandale et ricanements
Les malades sont prohibés
On les jette dans les fossés
À moins qu’ils n’apportent du blé
De la thune aux plus fortunés
Les vieux sont jetés aux orties
À l’asile, aux châteaux d’oubli
Voici ce qui m’attend demain
Si jamais je perds mon chemin
J’ai d’autres projets, vous voyez
Je vais baiser, boire et fumer
Je vais m’inventer d’autres cieux
Toujours plus vastes et précieux
Je suis vieille et je vous encule
Avec mon look de libellule
Je suis vieille, sans foi ni loi
Si je meurs, ce sera de joie

Note :

(1) Citations d’après « Le Président » film remarquable de 1960 avec Gabin qui est encore, hélas, d’actualité fiche AlloCiné

(2) Quelques mots pour savoir ce qui se passe chez nos frères et sœurs africains [Courrier International]

(3) La très Sainte Inquisition débuta au XIIème siècle pour stopper la prolifération d’un groupe dangereux pour le pouvoir Romain, à savoir les Cathares et les Vaudois (entre autres) et perdura jusqu’au XIXème siècle où elle fut transformée en 1908 par un pape Pie je sais plus quoi en « Congrégation pour la doctrine de la foi ». En savoir + sur [Raconte moi l’Histoire] ou [Wikipedia]

(4) Référence à la chaise à bascule utilisée dans les années 60 pendant les « événements » ayant eu lieu en Algérie

7 réflexions au sujet de « Morale, on met les pieds dans le plat ! »

  1. Ton coup de gueule m’a tordu les tripes… est-ce notre punkitude commune qui te fait voler les mots que j’aurais pu écrire ? Combien de fois ai-je envie de hurler « putain, laissez-moi vivre comme j’aime, être celle que je suis… je ne vous demande ni de m’imiter, ni de partager mes idées, je ne vous demande pas de me trouver sexy, ce que je veux c’est que vous me laissiez profiter de tous ces plaisirs, des minuscules aux gigantesques parce que c’est le sens que je veux apporter à ma vie. Vous dites que dieu seul peut juger les actions des êtres humains… ça tombe bien, je ne crois pas en un dieu, en une entité divine quelconque… alors, la seule personne qui est légitime à me juger, c’est moi et personne d’autre ! »

    Je pourrais pleurer sur mon physique que j’ai sciemment massacré, je pourrais pleurer sur ma jeunesse qui est loin derrière moi, je pourrais être aigrie de voir ces corps jeunes, frais et beaux, de voir ces vies qui ont de longues années devant elles… alors que ce n’est plus mon cas…

    Juste, je perdrais un peu du temps qui me reste. Faire la paix avec soi-même, c’est accepter les autres et se réjouir pour eux, au lieu de les envier. Certes, je n’ai plus 20 ans, ni même 30, ni même 40, mais même si mon corps n’est plus aussi beau qu’il a pu l’être, putain, chaque jour je lui suis reconnaissante des plaisirs qu’il m’offre !

    Je ne parle pas que du plaisir sexuel… je parle du plaisir de sentir le vent sur ma peau, de cuisiner un bon plat, de voir l’air réjoui de mes convives, je parle du plaisir en écoutant de la musique, du plaisir de fumer, de boire, de rire… je parle de tous les plaisirs…

    Quand Charlie lit des textes, j’aime le plaisir d’entendre sa voix, j’aime découvrir ces auteurs dont je n’aurais jamais entendu parler sinon… j’aime voir les photos de son corps, mais il y a des jours où je n’ai pas envie d’en regarder… pourquoi me forcerais-je ? Comme le chantait Nina Hagen « Ich hab’ keine Pflicht ! » Mais en aucun cas, je me permettrais de la juger, pas plus que je ne jugerais Eve, Lilou ou quiconque.

    Je ne comprends pas qu’on classe le sexe dans une catégorie à part, qu’on le honnisse ou qu’on le sacralise.

    Quand tu m’as posté le lien vers la chanson de Brigitte Fontaine sur Twitter, j’y ai vu un très beau symbole de l’amitié que je vous porte, que vous me portez… cette amitié est virtuelle, et alors ? Il n’en reste pas moins qu’elle existe puisque sans me connaître IRL, tu savais que je me reconnaîtrais dans les mots de cette chanson. N’est-ce pas une belle définition de l’amitié ?

    Ces discours moralisateurs qui fleurissent de plus en plus, ce putain de « politiquement correct » me bouffent, mais je refuse qu’ils m’empêchent de mener la vie que j’ai choisi de mener.

    Restez tels que vous êtes, libres et insoumis, c’est ainsi que je vous aime, c’est ainsi que vous me rendez heureuse.

    1. Hahahaha choupinette 🙂 Merci 🙂
      Oui peut être la crête intérieure celle qui rend moins coq et nous empêche pourtant de nous incliner ou d’incliner les autres. Ptetre bien va savoir 😉
      Oui pleurons sur nos corps usés d’avoir un peu trop vécu, usé surtout des croque en jambe que nous nous sommes fait histoire d’être sur que ce n’était pas un rêve que de vivre dans un si jolie monde (et je ne suis pas sarcastique)
      Pour ma part j’aime bien juger, à l’emporte pièce avec des mots bien gras, j’adore ça, le coté méditerranéen peut être, j’adore juger tout et rien, la météo, ma couille de boulanger qui fais 8 croissants le dimanche matin, ma couillonne de chérie qui oublie systématiquement son tabac au rez de chaussée et qui me pique le mien, j’aime bien juger le cul de Eve, de Stella ou de Charlie que je trouve fort jolie (les 3), j’adore juger mais j’Aime surtout en avoir rien à foutre.
      Donner une importance phénoménale à une broutille pour la seconde suivante la ramener à ce qu’elle est : Rien.
      Tourner la tête à mon jugement et embrasser de tout mon coeur la personne que j’ai traité de gros con arriviste 5 minutes avant 🙂 c’est mon dada. J’appâte ma propre connerie en quelques sorte pour pouvoir au final bien l’affamée. Un jeu dangereux les psycho spiritualo me disent … oui mais j’aime bien jouer avec le feu et j aime pas me bruler (Les Sheriffs)

      Pour ce qui est de restez « tel quels » promis je ferais mon possible pour changer dans la continuité 😀 Je peux pas parler pour la miss elle crie à l’étage du dessus, surement un gros show 🙂 mais comme le dit la libellule
      À l’asile, aux châteaux d’oubli – Voici ce qui m’attend demain – Si jamais je perds mon chemin
      J’ai testé l HP à 7 ans depuis je fais tout mon possible pour faire croire que je suis fou mais sain d’esprit … c’est du taf 😉
      Bon sinon on va venir sur Paris mais on prévoira le dodo à coté du bistrot vu la claque qu’on va se mettre 🙂
      Des gros bisous Jeune Libellule 🙂
      après je voudrais pas être chiant mais tu as quand même un soucis avec le mot dieu qui n’est finalement qu une definition tres humaine qu’on peut facilement chambouler et faire sienne laissant le bénitier et ses grenouilles aux oiseaux de basse cours et autres noires corneilles comme dirais un camarade chevelu « Il faut tuer l’intelligence des mots anciens – Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras -Il faut mettre Euclide dans une poubelle…  » Laissons leur les definitions des maux à la con et recuperons les mots c’est eux qui sont charmants et qu’elle belle langue que le francais quand il permet de dire « Je vous aime … d’amour … »
      Bizzzzzzzz

    1. Yesssss ! Mister T me valide ben je fonce braquer une bijouterie (vue l heure je vais pas en trouver une ouverte) pour refaire ma panoplie … bon pour la crete j ai plus assez de cheveux mais le coeur y est 😉
  2. un bien bon article plein de bon sens comme quoi c’est bon de faire la morale au con mdr petit jeux de mot assez facile. je rajouterai a tous les connard qui mon demander « pourquoi tu fais pas un régime » digdigdigdig dindon dit dindon mort au con (« harnachée vaincra » les amis de ta femmes)
    1. Et surtout n’oublions jamais qu on est tjs le con de quelqu’un et que l’immoralité n’est pas plus que de la moralité à l’envers … L’a-moralité est chose plus complexe et tellement plus poétique à vivre 😀

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