Les mondes virtuels, un peu trop au delà du réel

Publié le Publié dans Free Pics

La virtualité, y a que ça de vrai ! Pas si sûr.

« Ceci n’est pas une défaillance de votre téléviseur, n’essayez donc pas de régler l’image »(1). « Bienvenue dans le désert du réel ! » (2). Oh ben voilà un article qui commence fort. Vous avez reconnu l’introduction de la mythique série Au delà du réel (1) et la phrase culte de l’excellentissime Matrix, la Matrice (2) évidemment. Quelle meilleure introduction pour un article sur les mondes virtuels et la réalité augmentée que ces deux films pour moi cultes.

Alors pas d’affolement, vous n’êtes pas sur un site catastrophiste ou sur le journal du geek mais bien sûr un site de camgirl. Justement mon métier, le monde où j’exerce et excelle, c’est le virtuel.

Le bonheur en forme de 1 et de 0

Le métier de camgirl c’est faire passer à travers des ondes electro magnétiques, à travers des séries de 1 et de 0 la sensation d’être à côté de vous. Si je réussis ma mission, vous avez l’impression que je suis devant vous, avec vous, comme une giga lapdance où vous pouvez mater, humer mais jamais toucher. C’est mon travail, créer de la proximité avec des 1 et des 0. Moebius et Jodorowski nous appellent les homéoputes dans l’Incal (3). Ça semble merveilleux comme ça, tous les avantages du réel sans les inconvénients. Commercialement parlant je devrais même dire que c’est super top et pourtant…

La virtualité c’est le pied, dans les couilles

Ou dans les ovaires, c’est au choix. Mercredi en sortant de Ghost in the Shell j’avais un goût amer. Scarlett Johansson y est évidemment sublime, aussi bien par sa plastique que par le réel travail d’actrice, mais le monde dans lequel on plonge, lui, me laisse sceptique. Un monde sans arbres, où tout n’est que pseudo amélioration. Un monde où la Vie, les erreurs, les défaillances systèmes sont inacceptables. Un idéal virtuel sans vrai soleil, sans pluie, autre que acide, où on se fait greffer un foie bionique pour pouvoir boire jusqu’à plus soif.

Dans ce monde idéal on ne meurt plus quand on se fait arracher un bras. Si votre corps a une « panne système », pas de souci, on prend votre ghost et on le fout dans un récipient encore plus optimisé. Ça semble idéal. Et pourtant moi ce que j’en vois depuis mon XXI ème siècle plein de larmes, de cris et de fu(h)re(u)r, c’est un monde encore moins humain que celui de 2017.

A la fin du film tu as vraiment l’impression que la créature est bien plus humaine que les personnes qu’elle côtoie. La fin du film arrive, couperet. Elle, comme nous, n’a plus rien d’humain. N’a plus de compassion, rongée, bouffée par ses émotions. Et les écrans géants, les bouddhas virtuels continuent de prêcher leurs bons sentiments comme pour nous donner bonne conscience. A ce moment il n’y a déjà plus de conscience.

La virtualité ou l’ennui à vie

Je ne vais pas vous embêter très longtemps. Je ne fais que passer dans le monde du virtuel. Ici déjà les nanas et les mecs se doivent d’être apparemment parfaits. Nichons siliconés, bouches botoxées, extensions de cheveux, manucure, facettes sur les dents pour sourire « Morandinien » même si on se marre pas tous les jours. C’est ce que vous aimez, en tout cas c’est ce que les programmeurs, les innovateurs veulent que vous aimiez. La blancheur immaculée, le vagin d’une pucelle avec l’âme d’une vielle salope bourgeoise.

On retouche Claudia Cardinale pour 1cm de tour de mollet. Il faut tronçonner des platanes bicentenaires parce qu’ils traversent la route les soirs d’été. Ou se greffer des oreillettes wi-fi nec plus ultra, se pucer pour plus avoir de règles ou mieux encore, on se fait hystérectomiser et mastectomiser préventivement. C’est cool comme ça on n’a plus rien à endurer. Plus de soucis, tout est sous contrôle, d’ailleurs je viens de me faire cyborguiser. Coool !

On cherche le 0 erreur, 0 défaut.

Vive l’absence totale de faiblesse, la disparition de toute forme … d’humanité ! Je pense à des films comme Clones, eXistenz, Matrix, Ghost in the Shell, Akira, l’excellent Avalon, Equilibrium et bien d’autres encore. Des univers, chaque fois les mêmes, où tout devient virtuel. La fuite d’un monde où on pue, on tombe malade, on a ses règles. Le monde des « loosers » où des fois on baise mal, on loupe un plat, on se brûle en se faisant une tisane voire pire, on dort pas de la nuit parce que le petit dernier à 38.6° de température. Le monde vivant quoi.

Mais voilà, chaque fois, invariablement, la crasse, la dégénérescence, la Mort refait surface et gagne la partie. Éliminer la et il n’y a plus d’enjeu, plus de Jeu, tout est uniforme, froid, sombre, triste, ennuyeux. Comme jouer pendant des semaines entière non stop à un MMORPG (4) trop bien pour être honnête.

les mondes virtuels

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J’aime bien la crasse

Il y a un peu plus d’un an on me demandait de tester les kiiroo. Mon chéri qui déteste la virtualité autant que les pieds paquets et la rhubarbe ne voulait même pas en entendre parler. Je trouvais ça plutôt marrant. Mais là maintenant, vu l’ampleur du formatage inconscient, je le comprends.

La virtualité c’est le pied ? Disons que c’est un bon début mais aucun papillon numérique ne remplacera l’odeur de ma rose blanche Anapurna à 18h quand le soleil se cache derrière les platanes de la place. Pour moi, le froid du petit matin sur la terrasse quand je bois mon café à moitié nue ne sera jamais remplacé par un loft climatisé et stérilisé.

Nous créons les « améliorations », la virtualisation, pour fuir l’âpreté de nos vies ?

Peut-être. Ou peut-être créons nous ces mondes d’idéaux pour nous fuir nous-mêmes, fuir nos limites, nos failles, nos faiblesses et nos forces. Je penche de ce côté de la balance.

Alors je joue la camgirl, j’aime bien réseauter, j’aime bien ces rencontres fugaces et sincères mais rien ne vaudra le sable qui nous gratte l’entrejambe quand on part dormir sur la plage dans une tente trop petite, juste pour voir un soleil couchant et manger du chili en buvant une bière pas assez fraîche.

Le monde n’est pas là pour nous faire plaisir ni nous emmerder. Il est là. A nous de le prendre avec grâce ou de le fuir jusqu’à nous transformer en ceci …

5 réflexions au sujet de « Les mondes virtuels, un peu trop au delà du réel »

  1. J’aime beaucoup, tout autant l’article que les photos d’ailleurs. Pour Claudia Cardinale, non seulement le mollet mais ils lui également aspiré la taille pour l’empêcher de respirer librement, il faut croire…
    Toujours un plaisir que de te lire, même si je ne le dis pas assez. Alors je me rattrape aujourd’hui…
    1. oulalala ca c’est du commentaire qui malgré un temps … maussade à part si t es un escargot, remet le sourire 🙂 Merci, et merci pour les photos, je transmet, venant de toi je sais que ca fera encore plus plaisir
  2. Bonjour Charlie.
    Merci pour ton site et pour tes articles.
    Juste un commentaires à propos de « Ghost in the Shell » que je viens de visionner hier soir: La veille j’avais ré-acheté la version de 1995 – manga animé qui m’avait laissé un moment de perplexité, d’émerveillement et d’incomprehension à la fois, je dois l’avouer. Le monde des hackers en 1995 m’était totalement inconnu…Bon, tout ça pour dire que revoir cette version animée en 2017 m’a fait super plaisir, comprenant beaucoup plus de « choses » cette fois. Et même encore plus d’émerveillement devant tellement de « Science fiction » intelligente. Comme la liste de tes références dans ton article. Special + à Avalon et à Matrix…
    Je suis donc aller dimanche, avec une certaine appréhension, voir la version hollywoodienne…Très agréablement surpris par l’image et les effets spéciaux, mais déçu devant le scenario qui reste bassement à ce que tu as détaillé dans ton article: aucun sensualité, un monde juste de super mec et de super nana, la recherche de la perfection à chaque fois..le monde des selfies quoi…
    Dans la version manga animé de 1995, « le puppet master » n’existe pas physiquement, mais seulement en data numérique et va meme fusionner avec le major pour créer une nouvelle espèce. Ça, c’était intéressant, mais pas dans ce film où l’on crée un super cerveau dans un super corps parfait. Et ils prétendent que c’est sexy…c’est juste plat et sans sens.
    A bientôt.
  3. Euh… je me rends compte que mon precedent post ressemble plus à une rubrique de critique cinématographie amateur qu’ à 1 post de reflexion érotique..Désolé.
    Alors, pour reprendre ta reflexion « j’aime bien la crasse », je crois vraiment que cette nouvelle generation prend plus son pied avec des consoles de jeux videos (encore qu’ils devraient s’inspirer de tes photos et de tripoter la manette différemment, ça leur ferai plus de bien, je pense), que d’avoir de réelles parties de baise. Je ne vais certainement pas jouer les vieux réac’ (ah c’était mieux avant), parce que le progrès c’est très bien: nouveaux jouets, cam girl (Hein Charlie ? ;-), accès à des toutes les videos depuis le niveau érotique au hard-core ou SM..et pour tous les genres humains et ça c’est très bien!
    Alors merci Charlie et bonne continuation dans la VRAIE vie !

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