chocolatcanelle interview

L’Interview sucrée de ChocolatCannelle

Publié le Publié dans #LIC les interviews

Une douceur estivale et gourmande avec ChocolatCannelle,
auteur de textes érotiques et bien plus encore 

Coucou à toutes et à tous !

Comme vous le savez sûrement déjà, je suis une petite curieuse, et j’adooore cette rubrique interview. En savoir un peu plus sur une manière de voir le monde, une manière de travailler, une manière d’appréhender le corps et la sexualité,  c’est toujours une occasion de s’enrichir je trouve.

Cette semaine, c’est ChocolatCannelle qui vient enrichir notre jardin intérieur, et je me suis juste régalée à lire ses réponses, je dirais même que je les ai dévorées, et oui je suis gourmande 🙂

ChocolatCannelle, auteur érotique, directrice de collection et avant tout Être Humain.

ChocolatCannelle, si il y en a parmi vous qui ont oublié, c’est une auteure érotique avec qui je collabore sur les Lectures Erotiques de Charlie (les #lec reviennent le jeudi 10 Septembre pour info). C’est aussi la directrice de la collection e-ros aux éditions Dominique Leroy, et c’est tellement d’autres choses encore …. Vous allez découvrir ça en lisant son interview 🙂

Pour moi, c’est quelqu’un avec qui j’adore bosser, elle m’envoie plein de textes, je sens son envie et son enthousiasme, et je crois que c’est l’une des choses les plus motivantes !, j’aime ses textes, j’aime le rapport simple et direct que ses personnages ont à la sexualité, j’aime ce côté j’en ai envie je le fais, sans perdre son temps à se triturer le cerveau 50 ans en se trouvant 3 milliards d’excuses, et puis j’ai trouvé quelqu’un d’aussi bavard que moi, cool, je me retrouve dans beaucoup de ses réponses, je dirais qu’elle est aussi folle que moi (et pour moi c’est une qualité !) en étant un peu plus posée, un peu plus centrée, ce vers quoi je tends 🙂

Mais trêve de bavardage, le mieux c’est que vous découvriez par vous même cette femme passionnée, gourmande de ce qu’elle fait, vivante ! 

Les interview de Charlie : ChocolatCannelle

Charlie F. : Sur ton blog, en en-tête est marqué « ceci n’est pas un blog de cuisine ». Mais toi, es-tu gourmande ? Est-ce que tu aimes cuisiner ? Plutôt sucrée ou plutôt salée ? Et puis, pourquoi avoir choisi comme nom ChocolatCannelle ?

ChocolatCannelle : Disons que je résiste difficilement devant certains desserts, les ours en guimauve, le chocolat praliné et quelques autres sucreries… Cuisiner, non, ce n’est pas mon truc. Passer deux heures devant des casseroles pour préparer un plat qui se mange en dix minutes (et je ne parle pas du nettoyage qui suit), je trouve ça très ingrat. Je cuisine par nécessité. Je ne consomme généralement pas de plats préparés, je préfère utiliser des produits frais, éplucher les légumes, etc., il ne faut cependant pas me demander de concevoir des plats élaborés. Certainement pas de viande ni de plats en sauce.
Ce que je préfère ? Des mets simples. Je me régale d’œufs durs ou de melon, par exemple. Et j’ai une préférence pour les desserts chocolatés. D’où ce nom de ChocolatCannelle d’ailleurs… Initialement, c’était le nom de mon blog, deux mots associés, deux choses que j’aimais, pour créer mon univers sur la toile. C’est devenu un pseudonyme par la suite.

Charlie F. : Tu as un parcours assez varié, tu as été camgirl, rédactrice pour des sites (neoplaisir, sensuelle), auteure érotique, directrice de collection. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, comment on arrive à l’un pour passer à l’autre, etc. ?

ChocolatCannelle : J’ai même été prof de lettres 😉

Je suis bien en peine de trouver une explication à ce cheminement, tout est venu, tout vient par hasard, grâce à des personnes que je croise sur le net, des propositions qui m’ont été faites… Je n’ai jamais été « camgirl », j’ai simplement été intéressée, un temps, par l’exhibition, via webcam ou in real life. L’exhibition via webcam a été une quasi-drogue pendant quelques semaines, voire quelques mois. Et puis cela m’est passé. Quoique, se montrer ou montrer ses écrits, c’est toujours exhiber quelque chose de soi-même, non ? Disons que je suis une exhibitionniste qui préfère actuellement montrer les histoires qu’elle construit. Le plaisir que je ressens (car le plaisir me guide : si je ne ressens pas de plaisir, je laisse tomber) est cependant moins dans le fait de rendre publics des textes que d’écrire. J’aime créer. Un texte ou autre chose. C’est l’activité créatrice qui m’importe.

Charlie F. : Je suis moi même camgirl, j’ai ma propre vision de ce métier. J’aimerais connaître ta vision de ce métier et ce que t’ont apporté tes années à la cam ?

ChocolatCannelle : Il ne s’agit pas d’années, mais de semaines, de mois tout au plus, sans qu’il s’agisse d’un métier. De l’amateurisme. Mais des exhibitions assez régulières, il me semble que j’y passais presque toutes mes soirées, il fut un temps… Je n’aurais pas pu en faire un métier, parce que je n’ai pas de patience, alors qu’il me semble qu’il en faut beaucoup. Je n’ai aussi aucun sens du contact, de la conversation et j’ai une tolérance très faible envers l’espèce humaine. Bref, je ne suis pas sociable. Des défauts que ne doit pas avoir une camgirl, il me semble. Le relationnel me semble primordial dans ce métier. Plus que le fait de pouvoir se déshabiller ou se masturber devant autrui.

Charlie F. : Question con, mais c’est quoi le boulot d’une directrice de collection ?

chocolatcanelleChocolatCannelle : On me le demande souvent 🙂
Réceptionner des manuscrits, les lire, en sélectionner, en refuser. Servir de lien entre les auteurs et l’éditeur. Revoir les textes sélectionnés avec les auteurs, demander des modifications au besoin, relire… Je m’occupe aussi de tas d’autres choses qui sont en périphérie de cette activité : relecture orthographique, mise en page, lien avec l’illustrateur, rédaction du pitch, du communiqué de presse, envoi de ces communiqués, suivi des chroniques sur les livres, mise en ligne sur les réseaux sociaux de ces retours de lecture, etc.
En l’occurrence, je fais un peu tout ça depuis quatre ans à présent, pour les éditions Dominique Leroy, maison d’édition numérique spécialisée dans l’érotisme.

Je considère un peu la collection e-ros comme mon bébé, et ce bébé a bien grandi en quatre ans… e-ros aura bientôt une petite sœur puisque nous allons aussi publier des séries érotiques : deux séries sont en gestation, accouchement prévu prochainement !

Charlie F. : Par rapport aux quelques textes que j’ai lus de toi, notamment Journal d’une Sexothérapie, Enquête à l’Estaminet ou encore Exhibition on line, je trouve que tes personnages abordent la sexualité avec une certaine candeur, sans jugement, pour au final faire des expériences loin d’être mièvres ou timorées, voire carrément épicées. Est ce que tu te reconnais dans cette manière d’aborder la vie, et la sexualité ? Dans cette candeur et cette absence de jugement qui amène du coup à vivre et faire des choses incroyables ?

ChocolatCannelle : Oui, c’est vrai, mes personnages ont souvent une approche candide.

Dès le début de l’histoire ou à un moment clé, ils pensent (ou plutôt « elles » pensent, car il s’agit surtout de femmes) : et pourquoi pas moi ? Qu’est-ce qui m’en empêche ? Quand on réfléchit à cette question, ne serait-ce qu’un peu, il n’y a rien à répondre. L’être humain crée sa propre sujétion et peut se libérer de tout carcan ; il suffit qu’il le souhaite suffisamment fort et agisse. Les bonnes mœurs, les règles de bienséance, c’est de l’hypocrisie, on s’en fout. Il faut vivre. Et vivre, c’est expérimenter. Mes personnages féminins ont au fond d’elles cette pulsion qui leur fait se jeter à corps perdu dans la vie (ou dans une partouze). Il n’y a ni bien ni mal. L’acte sexuel est au-delà de ces notions. Mes textes érotiques (ou pornographiques) sont dans un hors monde où tout est simple, où l’on peut sans dommage laisser s’exprimer sa part d’animalité.

Charlie F. : Dans mon imaginaire, chaque auteur a ses petits rituels d’écriture. Peux-tu nous parler des tiens ? Plutôt whisky et bars enfumés, café clope et agitation d’une grande ville, verveine, scones et calme d’un jardin anglais ? (ou peut-être tout à la fois)

ChocolatCannelle : Du café ! Des mugs de café !

Des mugs de café ! (que je fais attention de ne pas placer juste à côté de mon ordinateur depuis que j’ai renversé une tasse et endommagé ainsi mon outil de travail.) Le silence surtout (à défaut, de la musique classique ou bien de la musique conçue pour la relaxation ou l’étude, pour cacher les bruits environnants). Jamais de stylo, je n’utilise qu’un clavier d’ordinateur.

Charlie F. : En te lisant, j’ai la sensation que chaque mot est choisi avec soin. Retravailles-tu beaucoup tes textes ? Et écris tu plutôt sur une impulsion ou est-ce que tu essayes de travailler de manière régulière, en te disant par exemple, tous les jours j’écris 3 heures ?

ChocolatCannelle : Oh non, jamais de contraintes ! Je n’écris que lorsque j’ai et le temps et l’envie d’écrire.

Une courte nouvelle me demande une journée de travail environ pour la première phase d’écriture. Ou une bonne demi-journée. J’écris par petits morceaux, en relisant ce qui précède pour poursuivre sur un autre paragraphe. Il y a donc déjà dans cette première étape plusieurs relectures partielles. Des relectures ont lieu le ou les jours suivants. Rien ne vaut dans ce cas une lecture à haute voix. On sent alors si le texte est mal fichu, s’il manque de clarté, si les phrases sont trop longues, etc. Je n’aime pas trop tarder avant d’envoyer mon texte à un éditeur, parce que je crains de ne plus aimer ce que j’ai écrit.

C’est souvent ainsi : j’aime mon texte, il me fait souvent rire, puis je le déteste et ne veux plus en entendre parler. Mais lorsque je le relis, des semaines ou des mois plus tard, lorsqu’il est publié, je pense souvent : ah, tiens, ce n’est pas si mal que ça finalement !

ChocolatCannelle : Je ne pense pas avoir suffisamment de patience pour écrire un texte très long.

Nathalie et ses bonnes œuvres, mon texte le plus long jusqu’à présent, m’a occupée plusieurs mois, parce que je n’ai pas pu l’écrire d’une traite, j’ai écrit plusieurs pages, ai abandonné complètement cette histoire et ne l’ai reprise que bien plus tard en pensant qu’il fallait tout de même que je termine ce que j’avais entrepris. Je ne suis pas une auteure consciencieuse. Je ne suis qu’une dilettante.

Charlie F. : Tes textes sont érotiques, parlent de fantasmes et de situations excitantes. Est-ce que l’écriture t’a déjà permis d’assouvir certains fantasmes, vu qu’ils existaient pour tes personnages ? L’écriture t’a-t-elle permis de te découvrir plus, et de découvrir des fantasmes ou des pulsions dont tu n’avais pas conscience ?

ChocolatCannelle : Je ne conçois pas des histoires qui me donnent envie d’expérimenter quelque chose, mais des histoires qui sont une digression sur ce que j’ai « expérimenté » ultérieurement (réellement, ce que j’ai fantasmé en étant consciente ou encore ce que j’ai rêvé). Le fantasme (et toute digression – j’insiste sur le terme, car tout ce que j’écris ne correspond pas à mes fantasmes) précède l’écriture, jamais l’inverse.

Charlie F. : A ton avis, les Hommes et les Femmes sont-ils égaux  ? Et sont-ils égaux face au plaisir ?

ChocolatCannelle : On ne peut déjà pas dire que les hommes (dans le sens d’êtres humains) aient tous les mêmes droits. Si l’on considère la gent féminine dans son ensemble, par rapport à la gent masculine, les inégalités peuvent être flagrantes. Et pourtant, il ne devrait y avoir aucune discrimination : chaque être humain, peu importe qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, devrait avoir les mêmes droits.
Égaux face au plaisir ? La question n’a pas la même portée, du moins dans le sens que je lui donne.

ChocolatCannelle :  Chacun a son propre fonctionnement, atteint le plaisir d’une façon qui lui est propre.

Il faut tenir compte de la différence physiologique entre les hommes et les femmes bien sûr. Et de chaque individualité.

L’égalité, dans le sens de nivellement du plaisir, de moyen équivalent pour y parvenir, n’est à mon sens alors pas souhaitable : à chacun ce qui le fait grimper au rideau ; la diversité est une richesse.

Charlie F. : Ma question fétiche  : Pour toi, un monde idéal ça serait quoi  ?

ChocolatCannelle : Un monde sans misère, où chaque être humain pourrait vivre dignement. Sans compétition. Sans recherche effrénée du progrès.
Un monde où l’homme serait remis à sa place : il n’est qu’un animal sur Terre, un être vivant parmi les êtres vivants, qui doit respecter ses semblables et la terre qui lui permet de vivre.
Et d’un point de vue sexuel, ce serait très proche de ce « hors monde » sans tabou ni contrainte dont je parlais plus haut 😉

Charlie F. : Question bonus : l’avenir de ChocolatCannelle en quelques mots, tu l’envisages et/ou l’espères comment ?

ChocolatCannelle : Dans une maison. Depuis le temps qu’on parle de quitter notre appartement et d’acheter une maison, voilà, le projet aboutit !
Ce n’est pas tant l’avenir de ChocolatCannelle que je vois (je dois être un peu schizo, je parle souvent de mon autre moi à la troisième personne !), mais celui de Stéphanie, moi en somme, derrière le pseudo. Cet avenir, je l’espère serein. Et puis, je me demande si je ne vais pas m’inscrire à un club de tai-chi.

 

 

 

Un immense merci à ChocolatCannelle pour m’avoir ouvert un peu plus son monde et pour sa sincérité !

Retrouvez la sur son blog chocolatcannelle.fr  re-découvrez ses textes dans la #LEC 100% filles 

chocolatcannelle blog

 

6 réflexions au sujet de « L’Interview sucrée de ChocolatCannelle »

  1. Très intéressant cet article je ne connus pas du tout la littérature erorique mais cette dame m’a donne envie de la lire
    Merci d’ailleurs pour vos autres articles souvent bien fait et j’aime votre tons plein d’humour. FredC
    1. Merci beaucoup Fred, ça me fait toujours super plaisir des retours comme ca sur mes articles 🙂 Et oui, je vous conseille vivement de découvrir ChocolatCannelle, j’aime beaucoup ce qu’elle écrit, et comment elle l’écrit 🙂 Et puis, la littérature érotique est une vaste contrée, alors belle exploration à vous !

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