feminiphilie

Féminisme – Féminiphilie un peu plus d’amour

Publié le Publié dans News de Charlie Folies

Féminisme, Féministe, des mots trop chargés de colère

Aujourd’hui c’est vraiment un article fait à deux mains même si c’est moi qui le signe. On va parler Féminisme mais surtout d’un mot que j’aime infiniment plus, la Féminiphilie. Bon déjà rien que pour démarrer l’article on se heurte à un souci : qui commence ? Si c’est Renaud on va me dire « oui voilà, le machisme au pouvoir, tatatitatata » et si c’est Charlie la réponse pourrait être « Ouais c’est ton mec qui a eu la galanterie très machiste de te laisser en placer une » … Vous voyez, on est pas sorti de l’auberge.

Donc c’est Renaud qui ouvre le bal, vu que c’est lui qui a trouvé le mot Féminiphilie et qui a proposé l’article. Juste avant, quelques mots en préambule :

Nous nous considérons non pas comme des personnes sexuées, même si tel est le cas, mais avant toute chose comme – même pas des êtres humains – mais des êtres vivants qui, certes, sont dotés d’organes reproducteurs différents mais n’en reste pas moins, et dans cet ordre :

Des êtres conscients, vivants, mammifères, primates, humains, femelle et mâle ;), amoureux, chauds du cul, aimant les plaisirs de la chair et de l’esprit, occidentaux, autour de la quarantaine, avec des boulots dont certains sont bizarres pour d’autres, assez casaniers, sans enfants, et qui pètent en dormant (mais pas moi, sauf une délicate odeur de jasmin, chui une fille quoi) …

Autre préambule : Comme nous n’aimons pas plus l’un que l’autre prendre les glandes des gens ou rentrer en guerre contre quoi que ce soit, nous avons énormément réfléchi cet article. Le but n’est en aucun cas d’offenser, de manquer de respect à celles et ceux qui se sont battus en temps et en heure pour que la femme soit un joueur de poker comme les autres (les gens qui jouent au poker me comprendront), mais juste de donner notre avis et d’expliquer pourquoi quand on nous demande « Charlie / Renaud tu es féministe » nous répondons par la négative.

L’article sera obligatoirement incomplet donc soyez indulgents, mais s’il permet de faire délicatement avancer la cause de l’égalité, du partenariat et de l’Amour pour soi et pour l’autre, et bien on a tout gagné et justement, de notre point de vue, on a tous à y gagner à faire la Paix.

Un grand merci à Emmanuel Créateur qui, depuis notre interview ensemble, nous a donné envie d’écrire cet article pour donner un peu plus de détails sur notre vision du féminisme ou plutôt de la féminiphilie. Merci aussi à Emmanuelle de Paris Derrière pour ses posts réguliers essayant de ramener un peu de compassion envers nos frères, ainsi qu’à plein d’amoureuses de la gaudriole et féminiphiles elles aussi (ou féministes, c’est elles qui choisissent). L’actu médiatique du moment a fini de nous convaincre. [Plein de lien en bas]

Renaud, Féminisme ou Féminiphilie ?

C’est terrible la vie du petit mâle lambda que je suis, si si, terrible, chaque fois que j’entends parler des comportements de certains mecs, chaque fois que j’entends la rage, la colère et surtout la tristesse soutenant les propos de femmes abusées, je regarde ma bite et j’ai envie de lui dire « connasse ! » Bon je ne le fais pas car ma bite est assez sympa et moi pas assez con pour laisser mes hormones et ma peur guider ma vie. Mais diable que cela est dur tout cet amalgame, car quand on dit « les hommes » on inclut de fait toutes les personnes de sexe masculin. Ce n’est pas conscient, c’est juste comme ça.

Au passage un truc qui me fait beaucoup rire dans la langue française, c’est qu’on dit une bite et un vagin …

Pour ma part j’ai déjà reçu pendant mon enfance ce genre de complexe à deux balles. Un père grand amoureux du cul des filles et une mère très « auberge du cul tourné » – Merci Nathalie Giraud [lien] – qui a eu la main leste sur les « tu finiras comme ton père » « les hommes sont des bites » « les hommes sont des porcs » « ton père fait souffrir maman », je vous passe le reste.

Tous ces mots / maux ont fait que jusqu’à la vingtaine j’avais vraiment envie d’être une fille, jusqu’au moment où bon, c’est soit l’opération soit tu acceptes ce que tu as entre les jambes … je hais les opérations. Pour préciser je voulais être une femme mais pas forcément pour coucher avec des mecs. Mon désir de féminin était, est encore un peu, un savant mélange entre détestation apprise du mâle et fascination devant l’immensité énergétique (je l’ai capté très tôt celle là) du Féminin. Le drame qui me rattrape encore parfois c’est que la nature a fait que techniquement je suis un mâle … Je vous le dis, c’est pas forcément simple tous les jours.

Féminisme versus Machisme ?

Avec Charlie on adore le sens des choses et des mots, donc on va plonger un peu dans la Grèce antique. Bon la base Femini je vais pas vous faire un cours là dessus, vous voyez de quoi on parle, le Féminin. Au passage le Féminin n’est pas la femme (pas plus que Masculin n’est l’homme). Limiter le mot Féminin à des organes génitaux est possible mais on lui enlève tout relief et on le cantonne à une notion biologique, froide et triste qui est très injuste pour ce joli mot. De plus en le limitant comme ça, la femme est la seule détentrice du Féminin, ce qui me semble une imbécillité, je connais beaucoup d’hommes plus féminins que certaines femmes, et inversement. Tiens d’ailleurs cette appropriation exclusive du mot Féminin à la femme m’amène à la racine en -isme de Féminisme.

Féminisme / Machisme : le -isme qui pue

« Un isme est un concept, le plus souvent idéologique, dont le nom se termine par le suffixe -isme. » dixit wikipedia. Le mot qui me trouble le plus dans cette phrase est bien sûr « idéologie » alors je clique sur le lien wikikipedia 🙂

A idéologie je trouve : 

Une idéologie est un système prédéfini d’idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique et religieux.
Une idéologie est souvent la dimension culturelle d’une institution sociale ou d’un système de pouvoir. Une idéologie est typiquement imposée d’autorité, par un endoctrinement (enseignement) ou de façon imperceptible dans la vie courante (famille, médias).
Une idéologie dominante est diffuse et omniprésente, mais généralement invisible pour celui qui la partage du fait même qu’elle fonde la façon de voir le monde.
On peut distinguer dans une idéologie les dimensions : cognitive : dogmes, croyances (« c’est ainsi ») ; morale : jugements, valeurs (« c’est bien ; c’est mal ») ; normative : normes (« il faut ; on doit »).

Bon je m’en doutais un peu, avec le temps on apprend à reconnaître les 4 petites lettres du bonheur (ou du malheur, tout dépend de quel côté du fusil on est).

Alors oui, actuellement l’idéologie dominante silencieuse est encore très (trop) empreinte de machisme mais je ne suis pas du tout convaincu qu’opposer à une dictature une autre dictature soit la solution au problème. Même si historiquement le combat pour l’égalité des genres s’est appelé Féminisme, il est peut-être temps d’évoluer, d’inventer un autre mot, une autre intention. Quand au XIX siècle les femmes ont commencé à se soulever, à vouloir être reconnues légalement comme des Humains, c’était bel et bien un combat vital. Aujourd’hui aussi le combat est vital mais force est de constater que pas mal de choses ont évolué. Oui il existe encore des gens (mâles et femelles) pour considérer la femme comme inférieure, mon métier me confronte à ces cas au quotidien. Il faut encore se bagarrer pour qu’un homme aille faire les courses, il faut encore des heures de pédagogie, de négociations avec leurs idées reçues pour leur faire comprendre que « ça ne va pas de soi », des semaines entières, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, pour faire comprendre à ces deux trous du cul que la contraception c’est l’affaire de deux personnes (plus une à venir) [Contraception masculine], que la norme c’est toujours celles des autres [morale et norme], celle de celui qui a le pouvoir 🙁

Il existe encore des coutumes, des habitudes, des comportements bien enracinés faisant que les personnes ayant un pouvoir (quel qu’il soit) abusent de leurs subalternes. Ma question est : est-ce le fait d’hommes ou le fait de gens ayant le pouvoir ? 

J’aime les Femmes, j’aime les Hommes, aussi, et malheureusement je les mets sur un pied d’égalité quand il s’agit d’être con. Comme dirait Charlie « le trou du cul et les trous du culs c’est clairement unisexe ». 

Je ne suis pas sûr que les Irlandais, les mineurs et autres syndicalistes anglais aient réellement le coeur plein de miel pour Margaret Thatcher, la plus célèbre des Dames de pouvoir, et bien que je ne sois pas vraiment un de leurs proches je ne crois pas que Marine Le Pen, Bernadette Chirac ou Christine Lagarde soient des monuments de tendresse et de vertus morales. Ca serait tellement plus simple de dire « les garçons c’est les messants les filles c’est les zentilles »  mais la connerie est la chose la mieux partagée au monde … trois fois hélas.

Pourquoi Féminiphilie et pas Féminisme ?

Primo parce que je n’aime pas les -ismes quels qu’ils soient. Le -isme, même dans anarchisme, me file des boutons, on me traite, on me qualifie d’anarchiste mais perso je ne me définis que comme humain. Si je n’accepte pas celui là de drapeau, je me vois mal accepter les autres.

Secundo l’histoire nous enseigne une chose, on fait couler beaucoup de sang avec un -isme et on engendre beaucoup de plaisir avec un -phile, même si ce plaisir est jugé nocif par la morale ça reste quand même du plaisir.

Je n’aime pas me battre, je l’ai trop fait, j’ai participé à beaucoup trop de combats et j’ai vu beaucoup d’anciennes victimes, d’anciens esclaves devenir à leur tour tortionnaires. Je n’en ai plus envie. Donc je ne peux me dire féministe ou adhérer au féminisme. 

La lutte contre, porte en elle son drame, elle nourrit la colère, elle nourrit le feu en nous, ce feu ne veut jamais s’éteindre, le feu est, comme nous humains, un élément très fragile et, comme nous, il a très peur de disparaître alors il bouffe, il engloutit un appétit insatiable. La Colère, le (petit) feu cherche toujours de quoi manger. Une fois que le gros adversaire est vaincu il va aller chercher les brindilles, les petites choses, les détails et l’absurde arrive très vite.

Je suis d’une famille de grands lutteurs, j’ai moi-même combattu 30 ans de ma vie, la maladie, l’injustice, le handicap, la différence, les vaccins, le Fhaine, les préjugés, la pauvreté, le machisme, l’omnivorisme, le crétinisme, le cannibalisme énergétique (ou pas).

Un jour je me suis arrêté, j’ai regardé derrière moi, le F.Haine faisait plus de 20% des voix et bien plus encore dans l’inconscient. Les extrémismes obligeaient les filles à cacher leur string et à mettre des cols roulés pour pas « exhiber » leur poitrine. L’échangisme voulait à tout prix que je laisse ma copine à un mec qui puait le moisi à l’évocation même de son nom. Le chamanisme exigeait de moi que je mange à la table commune alors que je ne voulais que du silence.

J’ai vu que les trente années de lutte ne m’avaient amené qu’à un endroit : le fond de la prison que je foulais fuir ou démolir.

Alors je me suis posé. J’ai osé Voir ma vie et me souvenir de mon envie première, celle de l’enfant de 3 ans, c’était la Liberté. Alors j’ai pris tous les -ismes, ceux que j’avais rejoint pour combattre ceux qui me déplaisaient, je les ai mis devant moi, j’ai fait un joli emballage cadeau et je les ai rendu au Feu. Je me suis levé, j’ai regardé encore une fois ma vie, je me suis dit que j’avais bien vécu, je m’étais bien amusé et que maintenant j’étais libre, tout ce qu’il y avait devant était cadeau. J’ai pris mes béquilles, ma bite et mon couteau, et je me suis levé, un pied après l’autre, en claudiquant, vide de lutte, vide de combat. des fois je râle, des fois ça me re gratte, je hurle un bon coup (vraiment en plus), je laisse sortir le dragon, 10 minutes, petit homme est content, petit homme a pu hurler son désarroi, sa colère et sa peur, petit homme peut maintenant retourner se caler au pied du vieil arbre et reprendre sa route infinie vers la Liberté.

Ce chemin vers la Liberté m’empêche tout dogme, toute croyance, je suis mes propres pas, je ne sais pas où je vais mais j’ai Foi (qui n’est pas de la croyance) en une chose, la Vie est belle et Renaud n’en a qu’une. 

Charlie, Féminisme ou Féminiphilie ?

Alors, je joue le jeu, je ne sais pas du tout ce que Sieur Renaud vous a raconté, c’est donc à l’aveugle que je vous livre mon point de vue.

Déjà, un grand merci à Renaud pour l’invention de ce mot, Féminiphilie.

Un matin, il m’a proposé ce mot, en m’expliquant que -isme est un suffixe qui inclut l’idée de doctrine, de dogme ou d’idéologie, alors que le suffixe -philie est employé pour signifier l’amour, la passion ou l’attirance pour quelque chose.

Ma vision du féminisme

A la question es-tu féministe, bien souvent je réponds non. Non, car je ne milite pas pour le droit des femmes en particulier, plutôt pour celui de la vie en général, des humains, pour du bon sens somme toute.

Alors bien entendu, je remercie infiniment mes consoeurs féministes, qui se sont battues pour le droit à l’avortement, le droit de vote, le droit d’avoir un compte en banque, le droit à l’éducation, etc …

Et il est clair que ce n’est pas encore gagné dans bien des endroits sur cette terre. Mais pas plus que n’est gagné dans bien des endroits du monde le droit juste de vivre, quand on est homo, handicapé, de telle ou telle religion, de tel ou tel milieu social, etc …

Si je devais militer pour quelque chose, ça serait pour plus de conscience, plus de bon sens, plus de tolérance, à l’encontre de n’importe quel être humain.

Ce qui me gêne un peu, ce sont les déboires du féminisme, c’est par exemple le pataquès pour supprimer la mention « mademoiselle » des papiers administratifs, parce que les hommes, eux, ne l’ont pas. Perso, je trouve qu’il y a d’autres trucs un peu plus importants pour lesquels se battre. Perso, toute cette énergie pour une broutillette, je vois pas trop l’intérêt.

La guerre Feminin versus Masculin

Ce qui me gêne, c’est cette volonté de créer une guerre entre masculin et féminin. Par exemple, ces comités non mixtes féministes pendant les nuit debout. On reste, encore et toujours, dans le maintien de la guerre, les hommes contre les femmes, parce que les hommes sont méchants, c’est eux qui oppressent la femme, éternelle victime.

C’est le 8 mai, cette année, qui m’a rendue dingo, parce qu’à la radio, à la télé, les seuls discours que j’ai entendu c’est pour décrire les femmes soient victimes d’abus, soit des guerrières qui combattent les oppresseurs.

Et ça m’a rendue dingue. C’est quand qu’on sort de cette dualité permanente du bourreau et de la victime ?

Alors oui, bien sûr, j’écris ça et j’ai bien conscience d’être une privilégiée, je suis née en France, je viens d’un milieu bourgeois provincial, j’ai eu accès à l’éducation, etc, etc … Et pourtant, ça n’a pas été facile de sortir du schéma de la victime. Et oui, moi petite blanche issue de la bourgeoisie provinciale, j’ai plongé avec joie et entrain dans ce schéma de la femme victime.

Ben oui, vous comprenez, parce que mon premier petit copain il a été méchant avec moi, il m’a trompée, il m’a prise pour une conne. Et puis le garçon quand j’avais 7 ans qui m’a forcée à le sucer, lui aussi il a été très méchant. Et puis, cet autre encore, qui m’a humiliée en me baisant comme un trou. Et mon père, qui depuis mes 17 ans me traite d’allumeuse et de salope comme ma mère.

J’étais une pauvre victime, victime des hommes, victimes des femmes, pas gentilles non plus avec moi, victime de la vie en général, parce qu’elle ne me donnait pas ce à quoi j’aurais dû avoir droit, vous comprenez.

Seulement voilà, un jour j’ai compris que la vie ne me devait rien.
Moi je lui devais d’être en vie, je lui devais tout en somme.
Surtout j’ai compris que la vie ne t’offre que ce que tu te donnes.

Et moi, ce que je me donnais à moi-même, c’était du mépris, de l’apitoiement, voire de la haine à certains moments.

Alors oui bien sûr, bébé on ne se donne pas ça. Oui bien sûr, ça doit bien venir de quelque part, conditionnement familial, histoire personnelle, etc … Mais au final, qu’importe d’où ça vient, l’essentiel c’est d’arrêter de se nourrir de haine et de mépris, pour enfin se donner de l’amour, de la reconnaissance, de la fierté.

Et le choix dans tout ça ?

Parce que bien souvent, qu’on soit homme ou femme, on accepte des situations, des humiliations, pour des miettes d’amour et de reconnaissance extérieures, miettes qu’on paye cher, trop cher, enfin le juste prix pour pouvoir se dire après qu’on est vraiment trop nul à chier.

Ce mec qui m’a baisée comme un trou, j’aurais pu l’envoyer chier, lui mettre un bon coup bien placé au lieu de rester inerte, les yeux grands ouverts avec les larmes qui coulent à me regarder me faire bourrer. Oui mais voilà, au plus profond de moi, j’y croyais que c’était ce que je méritais, et puis peut-être qu’il finirait par m’aimer …

Ce garçon deux fois plus grand que moi qui m’a obligée à le sucer sinon il me mettait des grandes claques dans la gueule, j’aurais pu choisir les claques ….

On a toujours le choix, ça ne veut pas dire qu’il est facile à faire, mais on a toujours le choix, le choix ultime étant celui de la vie ou de la mort. Bon, en disant cela, je suis bien consciente qu’il y a des situations où on n’a même pas ce choix, quelqu’un choisit pour toi que là maintenant, c’est l’heure de ta mort.

Et en disant cela, je me rends compte qu’au final, on n’a jamais, ou alors très rarement, le choix de sa mort. En général, on choisit pas de se crasher en bagnole, ni de se choper cette petite maladie de derrière les fagots qui va nous emporter, en fait on choisit pas grand chose.

Alors du coup le choix qu’il nous reste, le seul peut-être, c’est celui de comment on vit les choses.

Et hop, je reviens à mon propos de départ (je vous avoue d’ailleurs que je suis partie loin, et je suis assez surprise et heureuse de pouvoir retomber sur mes pattes), à savoir : est-ce que je vis les choses comme une victime, comme un bourreau, ou est-ce qu’il y a une troisième voie ?

Ce grand couillon de 15 ans qui me force à le sucer, ça c’est un fait. Maintenant j’en fais quoi ? Je suis une éternelle victime et je me résigne ? Ou alors, je rentre en guerre contre tous les hommes, regardez comme ils soumettent les femmes, regardez ce qu’ils m’ont fait ? Ou alors, j’accepte, j’accepte que c’est une expérience que j’avais à vivre, je n’en suis pas morte, et pas plus traumatisée que ça au final, et j’en fais quelque chose, j’en apprends.

Alors oui, peut-être que c’est à cause de ça que je suis une dépravée qui gagne sa vie en vendant ses charmes sur internet. M’enfin, je suis plutôt heureuse de ma vie, perso.

Mon taff, soit on le voit comme un symptôme aigu de décadence, le résultat d’une fracture dissociative, un mal être profond qui se traduit par une lente descente vers l’auto destruction.

Soit, et perso c’est comme ça que je le vois, mon taff c’est d’offrir des moments de plaisir, de joie, des espaces d’expression de ses désirs et de ses fantasmes, et ma foi y a pire, je préfère ça que vendre des crédits à la consommation à des gens qui sont déjà dans la merde et que tu sais consciemment que tu vas les foutre encore plus dans la merde.

Tout dépend, au final, du regard que l’on porte sur les choses, sur nous, sur nos vies.

Petit exemple : à 17 ans, je ne supportais pas de faire l’amour en levrette (la femme à 4 pattes, l’homme derrière pour ceux qui s’emmêlent les pinceaux dans les noms des positions, comme Renaud pour ne citer personne), parce que je trouvais ça humiliant, une position de domination de l’homme sur la femme, et du coup j’avais des douleurs physiques dans cette position.

Et puis un jour, j’ai ouvert un kama sutra. Et j’ai compris qu’on pouvait aussi le voir comme l’homme qui honore la femme. Et j’ai arrêté d’avoir peur, donc d’avoir mal.

Le féminisme, quand il se drape de vertu et, pour la cause des femmes, applaudit à deux mains la loi qui pénalise les clients des prostitué(e)s, j’avoue que j’ai du mal à adhérer.

Mettre en place des lois et des moyens contre l’esclavagisme, le proxénétisme, la traite des humains, oui, par contre aller casser les couilles à des femmes et des hommes qui, consciemment, ont décidé de vendre leur corps parce que vous comprenez c’est pas bien pour eux, on les aide, ben moi j’applaudis pas du tout.

Pour ces féministes là, je suis une tare ambulante, je suis camgirl.

Certes je reçois quelques noms d’oiseaux sympathiques de la part de certains hommes, mais j’en reçois des tout aussi, voire encore plus, sympathiques de la part de certaines femmes.

A en croire certaines, ce que je fais est une honte pour la condition de la femme, c’est dégradant, humiliant, etc…

Humiliation l’arme du faible

Un jour je discutais avec mon grand-père (il était d’origine juive) de pratiques que je ne comprenais pas dans la religion juive extrémiste, pratiques relativement humiliantes. Et il m’a dit : tu sais ma petite fille, on n’humilie que ce qui nous fait peur. Et le Féminin, la femme souvent, fait peur dans bien des religions.

Et le drame, c’est qu’au sein même de certains féminismes, il y a la même peur de la Femme. Sinon pourquoi rentrer en guerre contre les prostituées, les camgirls, etc …. ?

Bien des femmes ont peur d’elles-mêmes, sinon elles ne passeraient pas leur temps à se tirer dans les pattes.

Alors non, je ne suis pas féministe, d’abord j’aime pas les -iste et les -isme, souvent ça cache un schisme, mais beaucoup plus féminiphile.

Je suis même philanthrope (amoureux du genre humain), même, hop hop hop j’invente un nouveau terme, biophile, -bio signifiant la vie en soi, l’existence. Je suis pour, je me répète, plus de conscience, de tolérance, de respect et de bon sens.

On parle beaucoup des femmes maltraitées, pourquoi on ne parle jamais des maltraitances faites aux hommes aussi ?

Quand je vois la castration minutieuse et régulière, l’humiliation journalière que certaines femmes font subir aux hommes de leur entourage, je trouve ça tout aussi révoltant.

Mais, comme dirait Daenerys Targaryen (oui, en ce moment je suis un peu à fond dans Game of thrones) :

 » Personne ne peut offrir la liberté, c’est à chacun de la prendre. « 

Bon Rousseau dans le contrat social dit un peu la même chose pour ceux qui veulent de la grosse référence 😉

A chacun de décider d’abandonner la place de la victime, de se relever, et d’avancer.

A chacun d’embrasser, là je cite Don Juan Matus, dans les livres de Castaneda, l’humilité du guerrier au lieu de celle du mendiant.

« Un guerrier accepte son sort, peu importe ce qu’il est, et l’accepte dans une ultime humilité.
L’humilité d’un guerrier n’est pas l’humilité d’un mendiant.
Le guerrier ne baisse la tête devant personne, mais en même temps, il ne laisse personne baisser la tête devant lui.Le mendiant, d’autre part, tombe sur ses genoux à la baisse d’un chapeau et nettoie le plancher devant n’importe qui qu’il considère être plus haut que lui; mais en même temps, il exige que quelqu’un d’inférieur à lui nettoie le plancher pour lui. »

Voilà, en fait je suis une guerrière, lol, une guerrière de la vie et de la liberté.

Et vous, vous êtes quoi ?

cairn

Note & Liens

Emmanuel créateur : l’interviewson siteson twitter

Emmanuelle Paris derrière : l’interview (notamment le début de la partie 2) – son siteson twitter

Nathalie Giraud : son siteson twitter

Article sur la norme & la morale – Article sur la contraception et la place des hommes

 

 

4 réflexions au sujet de « Féminisme – Féminiphilie un peu plus d’amour »

  1. Si « isme » peut induire l’idée de doctrine (mais pas que, il y a des « ismes » sympas en philo et dans les sciences, si si.), philie peut induire l’idée d’amour pathologique. On en sort pas.
    1. Merci pour ton commentaire auquel j’ai adoré répondre. J’adore ce genre de débat épistolaire :
      Alors bien sur nous sommes tous un peu Ismophile 🙂

      Allez je vais faire l’emmerdeur le fait de concevoir une doctrine sympa (même si je suis d’accord avec toi) et une doctrine pas sympa revient à dire qu’il y a des bonnes et des mauvaises doctrines / dogmes …
      Le soucis avec les notions de bien et de mal c’est qu’elles nous semblent éternelles « allant de soi » alors qu’elles ne sont que conjoncturelles.
      Pour citer un enseignant qui m’est cher « montre moi la différence entre un char – d’assaut – de droite et un char de gauche … » en gros ce qui est bien pour certains est toujours mal pour d’autres. Je sais je parle dans l’absolue et détaché de toute émotions, mais c’est un des gros avantages de l’ecrit, le détachement 🙂
      Alors certes l’amour peut devenir pathologique mais la racine reste quand même plus sympa que celle d’un dogme / doctrine qui n’est jamais que l’illusion de supériorité d’un peuple, espece, epoque sur une autre.

      Petite remarque complémentaire qui, hélas, peut être choquante et glissante mais essayons de rester hors émotionnel
      Prenons la nécrophilie, une personne prend donc du plaisir avec les morts ceci n’est pathologique que par rapport à l’idée que la doctrine / dogme dominant ce fait de la norme 🙂 et non en tant que tel.
      Le terme pathologique ne devrait être utilisé qu’à partir du moment ou le nécrophile met en danger une vie 🙂 et non quand son activité choque le dogme / l’étique / le principe dominant

      Pour faire simple quand je dis les membres du Fhaine sont des gros cons je deviens de facto un gros con en m’accrochant à une doctrine, un principe de vie rigide (donc anti vie puisque l’essence même de la vie est le mouvement)
      bon après j’accepte totalement mon jugement de valeur je ne m’y accroche pas « j’ai moi même dans mes relations proches quelques personnes issue du » Fhaine et avec lesquels je peux passer quelques bons moments 🙂
      Voilà encore merci pour m’avoir permis de réfléchir la dessus à blanc 😀

  2. Bonjour à tous les deux ! J’ai beaucoup aimé vous lire, chacun. Une chose me manque, parce que moi je me sens féministe (probablement qu’il ya de la colère là dessus, je vais envisager de me faire Féminiphile plutôt 🙂 ) notamment dans le fait d’essayer de sensibiliser mon entourage (et moi-même) aux normes socialement intégrées qu’on ne pense même plus à questionner. Est-ce que vous mettez dans Féminiphile l’idée de partager et faire voir aux gens que les filles sont tout aussi puissantes que les mecs ? Et que les garçons ne sont pas génétiquement moins capable de communiquer de façon non violente ?
    « Tu tiens ton marteau comme une fille » m’a dit un jour mon papa. Ca résume bien ce que je voudrais changer, chez nous en France où nous avons du point de vue législatif des droits égaux. J’aimerais que les gens se questionnent quand ils s’expriment, que les parents ne proposent pas aux filles des cours de danse et et aux garçons des cours de Judo. Parce que si j’avais pratiqué un art martial dès l’âge de 6 ans, je pense que je serais devenue moi-même beaucoup plus tôt dans ma vie. Mais socialement, peu de gens pensent à faire tester des activités connotéees « garçon » à une petite fille. Et peu de gens proposent des cours de danse aux garçons (je kiffe Billy Elliot , ok…. 🙂 ). Comment faire, sans un peu de partage et de réflexion autour de ces thématiques, pour que garçons et filles soient libres des stéréotypes de genres ?
    1. Oui, en tout cas pour moi ça semble évident !
      Apres, je pense que ca se transmet petit à petit, pas à pas, je suis pas sure que rentrer en guerre soit une bonne solution, ni qu’elle soit hyper efficace.
      Ca me fait rire, ça me fait penser à une petite anecdote : pour mes 20 ans, j’ai demandé à mon pere comme cadeau d’anniversaire une perceuse. Parce que j’adore faire des trous et pour poser des étagères c’est quand meme hyper pratique ! Et bien la réaction de ma belle mère m’a fait halluciner ! Bon, faut dire qu’au départ elle est conne, mais sa réaction est assez symptomatique : une perceuse ? Mais c’est pas un cadeau qu’on offre à sa fille ca ! Ben oui, ca faisait 2 ans qu’elle m’offrait de quoi me faire un trousseau, saladiers, serviettes de bain, etc …
      Alors je ne pense pas qu’elle ait changé d’avis, moi j’ai eu ma perceuse ! Mais c’est drole de voir que c’est aussi bien implanté dans la tête des femmes que des hommes, cette idée des genres ! Et sur la puissance, bien sur qu’une femme peut l »être autant qu’un homme. Pour un déménagement, mieux vaut être aidé par une nana hyper barraque que par un mec taillé comme une flute. Tout dépend de chaque individu en fait.
      Comme disait Arthur H pendant un concert, la révolution est individuelle.
      J’y crois, je crois au rayonnement. En étant soi, en dehors des définitions normées, en osant être, petit à petit on peut inspirer des gens à faire pareil, et petit à petit ca se transmet à de + en + de monde.

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